La generation Y prend le pouvoir … Dans ses rêves

Le mensuel Les Inrocks titrent leur numéro d’aujourd’hui sur « la génération Y prend le pouvoir« .

Bon, n’insistons pas trop sur la valeur sociologique nulle du terme « génération Y ».  Expression marketing inventée aux US il y a quelques années pour vendre du digital à des annonceurs qui n’y comprenaient rien à Internet. Cette génération Y était censé regrouper tous les comportements endémiques digitaux qui ne correspondaient pas aux comportements de l’annonceur. La démonstration validant ce concept était fort simple : les jeunes se pokent. Toi le vieux tu te pokes pas, donc les jeunes y sont pas de la même génération que toi. Ils sont de la génération Y (dans le même genre, vous pouvez également aller voir le Syllogisme du digital native dont je suis très fier). Donc n’insistons pas sur ce concept fourre-tout.

Non, ce qui est dérangeant, c’est l’inadéquation entre le texte et l’image de cette couverture.

Une petite analyse sémiologique rapide de la couverture (pour la longue, payez un chercheur, c’est son travail), va nous montrer une bande de 7 jeunes décontractés dont 4 ont un smartphone à la main (on voit que ce sont des smartphones, car ils sont volumineux et ne servent pas à téléphoner mais à checker son compte Twitter). Remarque 1 : ils sont tous beaux. Remarque 2 : ils sont tous bien sapés. Remarque 3 : ils sont tous conventionnels et polis (j’en connais certains très polis). Pas de quoi faire une révolution.

C’est dans cet état d’esprit que j’ai réalisé hier soir (oui je me couche tard) une petite galerie de couvertures alternatives des Inrocks. Le but de cet exercice personnel était de mettre en perspective cette couverture des Inrocks avec des vrais révolutionnaires. Révolutionnaires martyres, révolutionnaires ratés, révolutionnaires médiatiques, faux-révolutionnaires conformistes, pseudo-révolutionnaires intellectuels, ayant tous en commun leur jeunesse (car chez les Inrocks on doit considérer que les vieux ont le pouvoir).

J’espère que vous apprécierez cet exercice de comparaison (et essayez de comprendre à quoi correspond le nom de la génération).

Pour une génération Why et pas Yes !

La photo illustrant les inrocks ne nous montre pas des révolutionnaires. Elle nous montre des jeunes normaux, plutôt CSP+ qui ne vont certainement pas remettre en cause le monde agréable dans lequel ils vivent, même si ils peuvent s’amuser à basher. Une génération Y comme YES. Oui à l’existant. Une génération de la continuité (on me souffle d’ailleurs dans l’oreille qu’il s’agit du lectorat habituel des Inrocks).

Mais heureusement, il existe une autre vision de cette nouvelle génération. Celle de la génération WHY, celle  du questionnement permanent (des institutions, de l’ordre établi), qui refuse le diktat de la télé pour rentrer dans celui du digital, du share, du search, du create (et ce, malgré les mesures de  contrôle des pouvoirs publics).

Alors je vous propose une couverture alternative des Inrocks qui est pour moi nettement plus juste. Une prise de pouvoir populaire, par des gens et pas par une élite favorisé. Qu’en pensez-vous ?