Quel live-twitter êtes-vous ?

Une fois par mois, j’essaie de faire venir un ou une invitée pour nous raconter tout haut ce que certains pensent tout bas. Ce mois ci, il s’agit d’un article d’une invitée que vous connaissez peut-être, puisqu’il s’agit de @Maudule, blogueuse sur le très bon Story-playing.com (à ajouter à vos flux si vous aimez le storytelling interactif et tout ce genre de choses).
Je tiens néanmoins à préciser que je ne suis pas responsable de la typologie de live-twitters inventée par Maudule. Cette typologie est hautement caricaturale et frise dangereusement le manque de respect (perso, je n’oserais jamais faire ça). Mais c’est drôle, alors je laisse la parole à Maudule !

Lors d’une conférence, d’un séminaire, d’un workshop…bref de tout événement où quelqu’un a un micro et parle sur scène, il est d’usage de « live-twitter » la chose. Le principe initial du live-twitt s’inscrit dans une des utilisations possibles de Twitter : faire partager à ses followers des connaissances et des savoirs, lors d’un événement auquel ils n’assistent pas mais auquel vous, petit veinard, vous avez été convié.
De spectateur passif vous devenez vous aussi intervenant, certes secondaire, mais potentiellement actif.

Seulement voilà. Ça a l’air simple sur le papier mais en pratique, votre manière de live-twitter peut vous catégoriser, et vite. Pour vous aider à y voir plus clair, j’ai mis en place une petite typologie de live-twitters qui ne fait pas de cadeaux, ni à moi ni à personne, car tout le monde peut (un peu) se reconnaître dans les profils brossés ci-dessous.
Et vous, quel live-twitter êtes-vous ?

Le JMFM (Je Me Fais Mousser)

Il n’est pas venu, loin de là, pour écouter religieusement la personne qui parle, fut-elle le fils spirituel de Seth Godin et Chris Brogan, et en faire profiter ses followers.
Non, le JMFM est là pour faire gonfler son ego qui a déjà, dans la plupart des cas, une taille fort honorable. L’ #humilité, le #seconddegré, il ne connaît pas.

Objectifs : montrer l’étendue de son expertise et le périmètre de ses connaissances, bref, prouver à toute sa timeline que c’est lui qui devrait être sur scène, là tout de suite.
Moyen 1 : le tweet egotique 1er degré

« @SuperIntervenant a parlé de social shopping. Coïncidence, j’en parlais justement à la conférence que j’ai donnée ici http://is.gd/iJ2gc »

Moyen 2 : le tweet borderline-méprisant à l’égard des autres live-twitters

« Non @PetitImbecile, tu as mal compris ! @GrandPlanneurStrat parlait d’heuristique, pas de téléologie, voyons !« 

L’opportuniste

On lui a dit que la fin justifiait les moyens. Pour lui, la fin c’est de vendre ses services, et il est prêt à tout pour ça. Le live-tweet est donc un moyen comme un autre pour faire sa pub. Et c’est encore mieux si le live-tweet est projeté sur un grand écran. Après, y a plus qu’à dégainer les cartes de visite (et à convaincre).

Objectifs : s’arranger pour parler de sa boîte, à chaque tweet si possible.
Moyen 1 : le tweet commercial

« waouh, @SEOBigGuru vient de valider le business model de #maboite« 

Moyen 2 : le tweet commercial masqué

« tiens, cette digression de @ExpertDigitalDeFolie sur les applications Android, ça me fait penser à [lien is.gd ou bit.ly vers le site de #maboite]« 

Le suceur

Sa propension à remercier et à complimenter pourrait paraître authentique et donc être tout à fait bienvenue si elle n’était pas enduite d’une couche de faux-cul sentant à moins de trois pixels. Le suceur cherche en général à se placer et quelqu’un a du mal lui expliquer, un jour, la différence entre lèche et networking.

Objectifs : faire en sorte que les twittos influents reconnaissent son existence, voire, consécration absolue, le reconnaissent tout court comme l’un des leurs.
Moyen 1 : le tweet over-suceur 1er degré

« @Cadorduweb est mon Dieu vivant. Je le vénèrerai jusqu’à la fin de mes jours« 

Moyen 2 : 12 tweets de remerciement pendant et après le Livetweet + 4 #FF (par vendredi)

« merci @organisateur1@organisateur2@organisateur3@organisateur4 pour #CetEvenementQuiTue« 

Le flooder

Il live-twitte comme si sa timeline avait exigé de lui un compte-rendu hypra-exhaustif de l’événement. Rien, pas même le moindre détail, aussi insignifiant fusse-t-il, n’échappe à ses jets de 140 caractères. Résultat : votre timeline, remplie par ses tweets, est littéralement inondée et l’envie de cliquer sur « Unfollow » vous démange. Même si vous savez, au fond, que le flooder est de bonne volonté.

Objectifs : à vrai dire difficilement identifiables, mais sans doute louables à la base.
Moyen 1 : le tweet-retranscription à la lettre

« @MostWonderfulMarketer vient d’accueillir @EvenMoreWonderfulMarketer. Les gens applaudissent. #TheWeb« 

Moyen 2 : le tweet over-descriptif

« à #evenementultraVIP, les desserts sont composés de tartes tatin, d’aumônières aux griottes confites et de petits pots de crème à la vanille« 

Le provoc’

Le provoc’ pense qu’il est anti-consensuel, anti-conformiste, subversif, en un mot : cool. Oh non, il n’est pas comme le suceur à faire le bon chienchien et il aime beaucoup, lui, le #seconddegre. Mais son ego est tout aussi gros que celui du JMFM. Et si il joue à live-twitter avec désinvolture , c’est pour montrer à sa timeline qu’il est bien au-dessus de tout ça, lui.

Objectifs : se démarquer en jouant sur le côté nonchalant, pas sérieux.
Moyen 1 : le tweet décalé

 » je me demande de quelle couleur est le caleçon de @GrosInvestisseurFrançais« 

S’il assume, il hashtage.
Moyen 2 : le tweet cynico-ironique

« on est à #Buzz5.0 et ça taille sec dans le milieu de la com’. Dépaysant et #priceless«