Le Growth Hacking et ses techniques d’enfoirés

Vous le savez, sur Internet, il y a ceux qui produisent du contenu pour défendre un point de vue, pour partager leur savoir, ou même dans une démarche artistique. Et puis il y a les autres, qui créent du contenu pour gagner de l’argent (souvent grâce à la publicité).

Et la première phase pour faire de l’argent en affichant de la publicité, c’est de créer une audience. Il y a beaucoup de façons de créer de l’audience, mais la plus tendance en ce moment, c’est sans doute le Growth Hacking, un ensemble de techniques utilisées principalement par les startups pour développer leur base de clients, ou d’utilisateurs.

Mais ces techniques sont aujourd’hui utilisées de plus en plus par des médias, des marques ou des particuliers qui se prennent pour des médias (suivant l’adage : « sur Internet tout le monde est un média, donc moi aussi je peux vendre du shampoing sur mon blog »). Et ces derniers, qui ne visent que la mesure de l’audience à court terme, vont profiter de l’inexpérience des internautes pour les transformer en audience.

Une petit peu comme dans la méthode pour bien virer les pique-assiettes de vos réseaux, je vous propose quelques techniques de base ci-dessous pour virer de vos réseaux tous les growth hackers bourrins. Votre vie digitale en sera meilleure, et ça leur apprendra à bien faire leur métier. Merci qui ? MerCyroul.

Technique 1 : le hijacking du web

Cette technique consiste à faire tourner des sources (sites web, tweets, …) en s’appropriant le trafic. Comment ? Tout simplement en affichant le contenu, mais en changeant l’url avec celle de son propre site.

FB-Traffic-Jacker
je vais vomir…

Pas besoin d’être un naze très doué en technique. Il suffit d’acheter ou de s’abonner à un site spécialisé pour les nazes malhonnêtes, du genre sharenet, trafficjacker, spily, etc. (non je ne donnerai pas les liens).

Solution : dés que vous voyez une barre qui masque la véritable URL de la page, supprimez votre source.

Technique 2 : le mass sharing jusqu’à la mort

Dans un soucis d’économie, le Growth Hacker naze, considère qu’il vaut mieux montrer 10 fois 1 bonne idée que de montrer 10 idées différentes une seule 1 fois chacune. Aussi, il va vous spammer avec 10 fois avec le même lien.

Cette bonne vieille technique de la répétition, plébiscitée par les professionnels de la communication offline, trouve ici son pendant online. Alors oui, ça marche. Forcément, sur les réseaux, tout le monde n’est pas actif à la même heure. Mais ça prouve surtout un mépris total de son public transformé en audience au cerveau disponible.

repetition

Solution : virez moi donc de vos réseaux celui qui vous bassine avec le même lien toutes les 3h. Et regardez toujours la timeline de celui que vous voulez suivre pour voir si il est adepte de cette technique.

Technique 3 : le recrutement de noobs Twitter

twitter-noob_o_1103855Cette technique 3 regroupe toutes les façons de profiter de la naïveté de twittos débutants pour les ajouter à son réseau. On y trouve pêle-mêle :

  • le massif listing. Il existe en effet des outils qui vous ajoutent 5000 twittos facilement. Du coup, le noob va croire qu’il est suivit et donc va suivre également.
  • le mass-favorite est une technique qui marche très bien aussi. Et il existe aussi des outils pour favoriser en masse des tweets à partir de mots-clés. Du coup, les noobs vont croire qu’ils ont trouvé un ami et vont le suivre.
  • le tweeto-attention-whoreing (j’invente là). Le but est de polémiquer ou carrément d’insulter un compte twitter bien suivi (à partir de 10 KFollowers) dans le but de le forcer à réagir. Forcément le growth hacker récupérera quelques followers au passage.Dumb
  • le mass-following : une technique bien connu basée sur le fait que pour chaque centaine de twittos que vous suivez, 31 devraient vous suivre obligatoirement (j’ai sorti ça d’une infographie foireuse sur « l’engagement », n’y croyez pas trop).
  • le STP RT : technique simple demandant à ses followers en public ou en DM (pour les sérieux) de retweeter son lien. Il paraîtrait en effet qu’écrire « please RT » multiplierait le taux de RT par 4 (issu de la même infographie).

please_retweet

Solution : seuls les noobs suivent les comptes qui font ces choses là. Virer ces nazes de vos followings sera un grand pas dans votre professionnalisation de Twitter.

Technique 4 : la social rétention

Une technique classique qui consiste à balancer un gros pop-up qui explose à la tête de vos lecteurs à chacune des pages de votre site, demandant à votre lecteur de s’abonner à votre page Facebook, à votre compte Twitter ou encore à donner son email.

Grow_Hack

Solution : ne lisez pas les blogs avec des gros pop-ups sociaux. Et utilisez un plugin AdBlock et AdBlock Plus. Ca ennuiera les blogueurs les plus vendus.

Conclusion : il y a Growth Hacking et Growth Hacking

Le véritable Growth Hacker n’est pas l’enfoiré décrit dans cet article. Il doit en effet déployer des techniques beaucoup plus subtiles, car il recherche des clients, pas uniquement du trafic ou de l’audience. Or ces mauvaises pratiques risquent de coûter cher à sa marque sur le long terme. Mais la frontière entre growth hacking et spam d’enculé est très tenue. Et certains arrivistes (startups ou média, cf. dark patterns) peuvent oublier vite oublier leur moralité pour acquérir rapidement une soit disant audience.

Heureusement, j’aime à croire que les internautes ne sont pas idiots. Ils ne sont pas les consommateurs débiles que certaines marques et publicitaires aimeraient qu’ils soient. Ils apprennent donc rapidement, et les techniques ci-dessus sont déjà presque obsolètes. Méfiez vous donc de ceux qui vous les propose ou vous les font subir.