Very gay marketing

Le viral c’est un peu comme votre bac, quand vous vous répétez c’est toujours un peu loupé. Alors il faut aller plus loin, plus fort, plus provocant pour faire mieux que les précédentes vidéos.

Et l’un des styles de vidéo qui fonctionne toujours un minimum est la performance physique. On se souvient tous du « jeté de lunettes de soleil » de Rayban, du « saut dans le jeans » de Lewis (très ressemblante à la celle de Rayban d’ailleurs), du « lanceurs de supermarchés » de Max Havelaar et des incroyables paniers de basket de DC shoes. Il y en a d’autres qui se ressemblent toutes : une ou plusieures personnes vont faire des performances à répétition, performances qui sont vraisemblables mais qui revêtent toute de même un caractères  exceptionnel. Et puis certains essaient de se moquer. C’est le cas de Msi avec cette vidéo…

Msi fait dans la blue gay performance

J’ai retrouvé une vieille vidéo qui utilisait ce ressort viral dans mes cartons et je tenais à vous en faire profiter. Pourquoi ? Déjà parce qu’attendre 4 mois pour parler d’une campagne c’est très sain. D’autre part, parce que cette vidéo a été beaucoup vue (2 millions de vues rien que sur cet extrait, il y en a d’autres) et peut donc, pour une fois,  revendiquer le statut de « viral ».

Cette vidéo prend en effet à contre-pied la performance physique des autres vidéos virales « sérieuses » en y rajoutant une touche d’absurde assez marrante.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=oiNaadVOQEM[/youtube]

Rigolo mais bon…

Mais malgré les résultats d’audience de cette vidéo, j’ai du mal à croire que la vision de jeunes gens en justaucorps bleus (de boxe française ou lutte à main plate) qui s’envoient des laptops dans le fion, arrive à me convaincre d’acheter un portable MSI.

Ne serais-je pas dans la cible ? Pourtant, si, j’ai un eeePC et un MacBook. Sauf que je n’ai jamais acheté un ordinateur instrument de travail) parce que je trouvais le vendeur marrant (ou souple). Cela ne fait pas parti de mes critères d’achat. Donc cette vidéo me fera rire, mais pas acheter (alors que je suis dans la cible). Donc cette campagne, malgré son nombre de vues, est ratée.

Le viral n’est pas une fin en soi

Alors serait-ce que la viralité n’est pas une fin en soi ? Que ce n’est pas parce qu’on va faire 2 millions de vues que l’on va avoir 2 millions de portables vendus ? Certainement. Et pourtant je vois encore tous les mois des briefs qui commencent par « Il faut faire une vidéo virale« . Trois mois après la sortie de sa campagne, le discours du même client sera : « ça marche pas Internet« . Vous n’avez jamais entendu ça vous ?

  • Oui, le fameux brief « créer de la noto à tout prix ». Pourquoi pas faire du viral en effet. 
    Mais après, bon courage pour celui qui doit faire la campagne pour passer du freezby dans le derrière à la vente d’ordinateur portable… 

    D’où le fait de rapprocher marketing et communication sur Internet. Ca évite ce genre d’erreurs à mon avis. 

  • Saad

    Desole de rouvrir le sujet, je viens de découvrir ton blog qui est juste excellent

    Cette video ne vend pas, mais parfois l’idée est juste de rappeler la marque, et de faire parler d’elle, l’objectif est plus un objectif de notoriété que de vente, il faut ensuite completer avec une autre campagne qui va utiliser ce capital pour transformer ce capital notoriété en vente
    Tu en penses quoi ? 

  • Davidao

    Disons que ça rajoute une partie à facturer au client, donc c’est sûr que ça ne peut que leur donner envie ^^!!!

  • Oui, ce serait l’idéal. Néanmoins, j’ai oublié de mentionner qu’avec 2 millions de vues, la marque se construit une notoriété à peu de frais (si vraiment les gens se souviennent du nom de la marque « he, tu te souviens de la video avec des mecs qui s’envoyaient un laptop dans le c. »).

    Il faudrait donc ajouter à l’augmentation des ventes, un calcul de la notoriété de la marque sur le digital. En gros : faire un état des lieux des discussions AVANT et APRES la campagne.
    Sauf qu’il faudrait que les marques soient convaincue de faire de l’e-veille. C’est pas gagné.

  • Davidao

    J’aime beaucoup ton analyse. C’est vrai qu’on a tendance à stariser les vidéos virales, mais au final même si elles permettent d’améliorer la notoriété ou/et l’image de marque c’est clair qu’elles ne font pas forcément toujours office de déclic à l’achat.

    Le truc à faire ce serait de confronter des vidéos virales à succès (pour des marques diverses) qui ont eu des impacts différents à chaque fois d’un simple point de vue ventes (boom des ventes, petite augmentation ou pas de changement) pour voir quels concepts ont plus facilement « donné envie d’acheter ».