Strategies et ses certifications, nous prend vraiment pour des cons

En 1994, Internet n’existait pas en France et il y avait peu de formations diplômantes permettant d’apprendre à se servir d’un ordinateur pour créer des programmes interactifs (multimédia). 1994, c’était l’aube du CD-Rom. Support extraordinaire où l’on pouvait stocker jusqu’à 800 Mo d’informations. Une révolution ! A cette époque, j’avais eu la chance de réussir le concours d’une maitrise de communication multimédia justement. Quelle ne fut pas ma stupéfaction (horreur aussi), quand je me suis aperçu que « multimédia » dans le langage des gens du métier (de la communication) signifiait en fait « diaporama musicalement préprogrammé« , le top à l’époque dans le métier de communicant. J’étais bien loin de la 3D à laquelle j’aspirais.

Je pense que c’est depuis cette époque que je me méfie toujours beaucoup des formations diplômantes multimédia.
Alors quand j’ai reçu le programme de formation de Stratégies « Cycle certifiant marketing et communication online« , ma vieille suspicion à l’égard des vendeurs de formation bullshit est remontée à la surface. Je lui laisse libre-court après le jump.

La formation Stratégies

Ce programme de formation proposé par « Stratégies digital academy« , vous propose de vous former à la stratégie et au plan d’action marketing / com sur Internet.
On ne peut pas dire que le programme ne soit pas alléchant : stratégie de présence en ligne, site centré utilisateur, stratégie de notoriété, stratégie marketing 2.0, réputation en ligne, … Je pense qu’on fait le tour du B.A.-BA des notions fondamentales à maitriser pour savoir gérer une marque sur Internet.

Pour assurer les formations, Stratégies fait appel à quelques professionnels d’agences de pub ou conseil (Nurun, Digitas, Performics et Samesecret). Un choix a priori irréprochable. Ceux que je connais personnellement sont en effet très expérimentés et très pédagogues (des blogueurs d’ailleurs. Stef, Greg, salut.). Je ne me prononcerai pas sur ceux que je ne connais pas.

Donc une formation assez complète, qui semble de qualité. Alors qu’est-ce qui peut me déranger à ce point ?

Cette unique mention, qui réduit cette formation à un pipeau commercial de plus :

Explications…

Qui va avoir besoin de ces formations ?

Il y a habituellement 4 profils d’apprenants dans les formations digitales (je passe mon temps à en faire chez Curiouser, je commence à les connaître). Les voilà succinctement décrits. Attention, il s’agit de profils caricaturés. Donc toute ressemblance avec des personnes existantes n’est qu’une étonnante  coïncidence.

1- Le webmaster dépassé
2001, triste retour à la réalité. Les agences web s’écrasent les unes après les autres dans le dépôt de bilan. C’est la débandade. Les chefs de projet s’éparpillent dans la nature et se dirigent tous (ou presque) vers la sécurité : le giron chaud et accueillant de l’annonceur. Et ça tombe bien car c’est l’époque où tous les annonceurs vont rechercher des webmasters/chefs de projet. Alors le webmaster va faire son trou tranquillement. Durant 7 ans, il va tenter de faire comprendre les enjeux d’Internet à son entreprise (accessibilité, SEO, technologies ouvertes,…).

Et puis, 2007 va arriver, et le e-marketing classique (campagne bannière + mini-site) va se transformer en communication digitale. Sous la pression de la direction, le webmaster va se lancer avec plaisir dans des expérimentations diverses : buzz, viral, etc. avant de s’apercevoir que c’est un métier, et ce n’est pas le sien. Alors, pour conserver cette place de choix (il est devenu directeur des stratégies médias entre temps), et éviter de se faire remplacer par un étudiant moins cher et qui comprend Twitter, il va falloir qu’il se forme et vite.

2- Le directeur de clientèle largué
La pub il connait. La pub, c’est son métier. 20 ans d’agences diverses, une carrière exemplaire, gravi les échelons un à un, le voilà maintenant directeur de clientèle senior dans une grande agence. Il gère des gros budgets (millions d’euros), et porte souvent des chaussures à bouts très pointus. Tout allait très bien dans son monde. Il lui restait à décrocher la prochaine compète « finger in ze nose » et il pourrait souffler la place de Bob en tant que directeur associé. Une petite augmentation ne lui ferait pas de mal.

Seulement, il n’a pas eu la compet. Le client a choisi la petite agence qui a proposé un truc internet, un bidule web, un machin digital là. Merde, il avait pourtant demandé à son stagiaire de lui faire une annexe de la reco sur une fan page Facebook en option. Bon, il ne l’a pas lu, mais si le client n’a pas acheté, c’est que c’était mal écrit. Il faut tout faire soi-même ici. Donc il est temps de se former.

2 bis – Le dir de la com largué
La pub il connait. La pub, c’est son métier. 20 ans dans sa société, une carrière exemplaire, gravi les échelons un à un, le voilà maintenant directeur de la communication de sa marque. Il gère des gros budgets (millions d’euros), et porte souvent des chaussures à bouts très pointus. Tout allait bien depuis des années. La routine classique : campagne bannière à Noël, campagne bannière pré-soldes, un mini-site web pour les vacances. Le boss était très fier de lui.

Et puis, la part de marché de la marque a diminué. Les clients se sont mis à aller voir ailleurs. Après l’achat d’une étude auprès de l’agence de com’, il paraitrait que la concurrence a un site 2.0 et commence à engager la « conversation ». C’est ridicule, mais ça a l’air de marcher. Il faut faire quelque chose, et vu que ses assistants sont aussi mauvais que lui,  et que l’agence attend qu’on lui dise quoi faire, il décide de se former.

3- Le patron de boite qui veut profiter des opportunités d’internet
Cet entrepreneur malin, comprenant les potentialités d’Internet et qui ne veut pas se faire avoir par des agences de publicité qui chercheraient à lui prendre de l’argent (on me dit que c’est un pléonasme), décide d’explorer le fonctionnement du marketing digital avant de faire appel à des prestataires spécialisés. Il est donc là pour se former, car il considère que bien connaitre le digital et ses ressorts de communication permet d’anticiper et de bien choisir les axes de développement de son entreprise.

Il va donc retrousser ses manches et se mettre à apprendre. Je l’admire.

4- L’ex-étudiant qui cherche une certification pour trouver un taff
Flûte. Il vient de sortir de ses études, et il n’a pas pris une filière digitale. Ben non, il voulait être directeur de création ou au pire planner stratégique. Et depuis sa sortie des cours, il est encore en stage ou au chômage.

Mais il faut que ça change, alors il s’arrange pour se faire payer ce cycle de formation (on ne dira pas comment). Avec cette certification en poche, il est sur de trouver un taff qui corresponde enfin à son niveau d’étude. Et qu’on lui paie ce salaire qu’il mérite après tant d’années d’études.

L’équation du stratège digital pérenne

Au 21eme siècle, les compétences requises pour être un bon stratège digital ne sont certainement pas les mêmes qu’il y a 50 ans, ni même 10 ans. Et ce, pour 2 raisons : 1/ le marketing digital n’existait pas  2/ les consommateurs n’étaient pas pareils.

Pour réussir à préparer sa marque aux évolutions numériques, le stratège digital (ou planner digital, on peut l’appeler comme ça) devra cumuler 3 compétences de base et 1 comportement essentiel :

1/ Marketing : connaissance de la marque, des enjeux de communication, des ressorts de la com, et des techniques du marketing off line et e-marketing. Comment voulez-vous faire un belle stratégie marketing ou com si vous ne savez pas ce que c’est ?

2/ Technologie : tout le digital repose sur de la technologie. La technologie fait avancer les stratégies de com, et les stratégies de com peuvent pousser la techno. Le digital planner a besoin d’une bonne connaissance en techno. Au moins un bon vernis de base. Et ceux qui vous disent le contraire, essaient de se faire passer pour des experts.

3/ Culture digitale : le digital n’est pas un média, mais un territoire (un ensemble de territoires). Une fois cette notion acquise, vous pouvez passer à la suite : les populations de ces territoires et leurs modes de vie, leurs usages et nouvelles coutumes. Le bon stratège est celui qui connaitra ces coutumes pour pouvoir proposer à une cible en particulier, ce qu’elle peut attendre avec son langage propre.

4/ Immersion permanente : et évidement, le stratège digital va devoir se remettre constamment à jour. S’auto-former constamment. Attention à ceux qui vous diront qu’il s’agit simplement de « veille« . Non. La veille est définie dans le temps et dans l’espace. L’immersion digitale non. Vous réalisez une veille sur ou des sujets. Vous vous immergez entièrement dans le digital. Attention de ne confondre.

Le rapport avec nos cibles

Si l’on revient sur nos cibles, on s’aperçoit vite qu’il va leur manquer quelques bases.

Marketing Technologie Culture digitale
Le webmaster dépassé X V V-
Le directeur de clientèle / com largué V X X
Le patron de boite opportuniste
V X X
L’ex-étudiant sans emploi
V X V-

On le voit, pour certaines de ces cibles il va falloir travailler dur pour y arriver car il va falloir apprendre des notions assez étrangères à leur expérience ou formation initiale. Et ce qui est terrible, c’est que le digital étant en évolution permanente, il faudra continuer à bosser pour toujours comprendre les transformations du numérique.

Pour en revenir à cette formation Startégies, cette certification est un grave danger qui risque de donner un sentiment de légitimité et de sécurité qui sera nuisible à long terme pour la marque (ou la société).

Welcome to the digital jungle

Imaginez la jungle digitale. On y trouve quelques routes bétonnées (SEO, bannières, etc.), mais le reste est un enchevêtrement inextricable d’arbres et de lianes, des fossés infranchissables où l’on devine les carcasses de vieilles campagnes de pub qui n’ont pas fonctionné, et aussi quelques bêtes sauvages profitant de votre inattention pour vous dévorer tout cru. Pourtant tous les jours, des hommes et femmes,viennent défricher cette jungle pour y tracer des routes. Des routes, permettant de mieux comprendre sa géographie mouvante, sa faune, sa typographie. Ces défricheurs, ce sont les professionnels qui osent expérimenter, tester des stratégies de communication, des dispositifs marketing innovants; Ce sont aussi certains blogueurs, explorateurs de cette jungle, qui osent avoir des points de vue et donner des conseils et des règles sur cet environnement qu’ils connaissent bien.

Maintenant, prenez un groupe  de touristes (bobs, shorts, et appareils photos). Vous les mettez dans un bus et vous payez quelques défricheurs pour jouer aux guides et leur montrer la jungle. Les touristes prennent des photos, ils apprennent des choses, ils sont heureux. Et maintenant, vous leur donnez un diplôme certifiant que ce sont des aventuriers de la jungle digital… La plupart de ces touristes vont aller dans la jungle avec un Opinel et un flacon d’anti-moustique. Ils risquent de passer de mauvais moments.

Pour cette formation c’est pareil. En 6 jours, les apprenants vont dresser un panorama de la communication digitale aujourd’hui. Je fais confiance aux profs pour leur donner de bons réflexes et de bonnes bases. Mais ça n’en fait pas des explorateurs, ça n’en fait pas des découvreurs. Ca en fera seulement des conducteurs de poids lourds sur des routes déjà tracées.

Le mot clé de la stratégie digitale est exploration. Cette exploration continuelle ne passe pas par la lecteur d’hebdomadaires continuellement obsolètes (« Ah chérie, je vais lire le dernier stratégies qui parle de web 2.0, il parait que Facebook c’est tendance« ), ni par un joli diplôme à encadrer dans son bureau pour montrer à tous vos compétences en internet. Cette exploration, cette passion pour le digital fait partie de vous ou pas. Et si vous êtes obligés d’avoir certificat pour le prouver, c’est que ce n’est certainement pas le cas.

Author: Cyroul

Aventurier des internets depuis 1995

16 thoughts on “Strategies et ses certifications, nous prend vraiment pour des cons

  1. Je tombe sur ton article et je me questionne. J’ai reçu cette présentation de formation qui effectivement à mes yeux était plutôt sérieuse. Le fait que ce soit certifié par Paris Dauphine n’est pour moi pas vraiment significatif car toutes les formations essayent aujourd’hui de te certifier quelque chose via un organisme ou un autre. On peut peut être se dire que si c’est en partenariat avec Paris Dauphine c’est un peu plus sérieux qu’une formation de base. Je pense qu’il y a aussi en dehors des profils caricaturés que tu fais (et qui sont très bons) des gens qui maitrisent bien leur métier mais qui veulent se tenir au courant des nouvelles possibilités de communiquer et dans ce cas je pense qu’il vaut mieux une formation de 7j que quelques heures dans une présentation produit …
    Personnellement, je suis coté annonceur et j’essaie de rester au plus proche de l’actualité en matière de nouvelles technologies (3d, réalité augmentée, mobile, web etc) mais c’est aussi parce que ca me passionne et peut être parce que je suis assez jeune. Je suis certaine que pour plein de communiquant en entreprise tout cela est incompréhensible. Pour d’autre comme moi c’est peut être bien d’avoir une autre vision de ce qu’on a appris sur le tas ou qu’on utilise tous les jours parfaitement sans savoir comment les appliquer à notre domaine d’activité (médias sociaux par ex).
    Bref tu m’as fait beaucoup rire mais je t’ai trouvé un peu dur…
    Surtout j’aimerai que tu puisses nous dire puisque tu es toi même formateur quelle serait pour toi une vrai bonne formation sur ce sujet ?

    1. Bonjour Delphine, 
      Quelques réponses à tes questions. 

      Ma critique porte essentiellement sur la notion de certification plutôt que sur la qualité de la formation (je ne l’ai pas testé, et les intervenants que je connais sont des professionnels expérimentés, donc j’imagine que sa qualité dépend d’eux).

      Je ne vois pas en quoi le partenariat avec Dauphine (ou une autre université) serait gage de sérieux par rapport à une formation de base. Je trouve définitivement qu’une formation va dépendre des formateurs (expérience, pédagogie) et certainement pas de l’endroit (ou de la marque) sous laquelle ils bossent. Cette constatation s’étend d’ailleurs à l’annonceur, qui devrait arrêter de travailler avec des « agences-marques », mais plutôt avec des vrais personnes identifiables. Je suis certain qu’il en aurait plus pour son argent.

      Une vraie bonne formation sur le sujet va dépendre des apprenants. J’en teste beaucoup avec mes étudiants (oui, chers étudiants, vous êtes des rats de laboratoire, niark!). Ainsi certains cours ne passent pas du tout avec certaines classes/spécialités, alors que le même cours peut cartonner sur d’autres promos. Donc tout dépend du niveau et du besoin de l’apprenant.
      C’est ainsi que nous bossons chez Curiouser (auto-PUB!) : on essaie d’identifier les besoin précis de l’annonceur au cours d’une belle discussion (qui peut d’ailleurs souvent changer son point de vue) et on lui fabrique une formation sur mesure. 
      Certes, ce process est plus complexe pour nous (et moins économique), mais en aucun cas je ne serai capable de faire de la formation prête-à-mâcher pour des publics différents.

      Voilà. Ai-je répondu ?

  2. « Le mot clé de la stratégie digitale est exploration. »

    ça, j’adore !
    J’ai, depuis peu, quelques heures par semaine de jeunes étudiants en « communication ». Quand je leur ai dit que le maître-mot pour innover c’est « tester » et ça veut dire passer beaucoup, beaucoup et beaucoup de temps à « expérimenter », ils m’ont regardé comme si je venais d’une autre planète !
    Ils n’ont certes pas tord, je viens d’une autre planète…

  3. Bonjour,

    L’équipe de Stratégies Formation a lu avec grande attention votre article, dont le titre ne pouvait que nous interpeller…

    Nous avons beaucoup réfléchi à la question de la certification, c’est pourquoi nous avons fait le choix de nous associer à l’université Paris-Dauphine. Pour nous, ce n’est pas qu’un argument commercial, mais surtout une marque du sérieux avec lequel nous avons élaboré ce programme, qui comme vous l’avez souligné, se veut complet et de qualité.

    Premièrement, le choix du mot certification est important. Certification n’est pas diplôme, au sens « officiel et reconnu par l’Etat ».

    Stratégies Formation et l’université Paris-Dauphine ont toutefois conçu le programme pédagogique de sorte que le cycle Stratégies Digital Academy puisse donner des équivalences avec une ou plusieurs unités d’enseignement dans un master de l’université Paris-Dauphine. Comme vous le faîtes remarquer à juste titre, sans la pratique, on ne peut pas prouver son expertise. C’est pourquoi le dispositif proposé par l’université Paris-Dauphine sera associé à une démarche de VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) pour l’obtention d’une équivalence avec deux unités d’enseignement dans le Master Marketing & Stratégie, spécialité « Communication Marketing Intégré » (Marketing opérationnel + Marketing relationnel) ou dans le Master Marketing & Stratégie, spécialité « Distribution et relation client » (Marketing digital + Management de la relation client).

    Cette équivalence sera bien sûr proposée seulement à celles et ceux qui auront obtenu la certification Stratégies Digital Academy – Université Paris-Dauphine.

    Il faut préciser que le certificat n’est pas donné automatiquement aux participants. Il suppose : l’assiduité à l’ensemble des modules ; la réalisation de deux travaux individuels (business cases) et la réalisation d’un cas de synthèse lors de la journée d’évaluation. Les travaux sont évalués et notés par le responsable pédagogique délégué par l’université Paris-Dauphine.

    La première promotion vient de réaliser en début de semaine sa journée d’évaluation. Le souhait des participants est de poursuivre les échanges après le cycle pour continuer à progresser. Une façon de se sentir moins seul dans la jungle du digital ? Chacun trouve les armes qui lui conviennent le mieux !

    Si vous souhaitez me contacter et en débattre, n’hésitez pas : jbensalah@strategies.fr

    Jésila Bensalah

  4. Salut mec !

    J’avais raté ton article mais omme cette formation diplomante est, en partie, mon idée, je me permets de réagir quand même :)
    Evidemment je suis complètement d’accord avec tout ce que tu écris, le digital est une jungle complexe.
    Cependant, là ou je ne te suis plus, c’est que pour avoir donné énormément de formation (et merci du compliment au passage :p), prendre 6 jours de formation sur le digital permet d’avoir un peu plus qu’une simple overview en fait.
    C’est une démarche intelligente de la part des personnes que tu décris et il ne faut pas la critiquer je pense. Ils souhaitent se reconnecter ou simplement mieux faire le métier (la majorité des « étudiants » qui font des choses très très bien clairement) et aller plus loin.
    Pendant ces 6 jours, en tous cas sur ma partie, on a le temps de leur faire mettre les mains dans le camboui, de regarder précisément comment ca fonctionne.
    Cependant, comme tu ne sais pas conduire quand tu as le permis (qui est un diplome aussi), il faut pratiquer pour devenir excellent.
    Et le mot clef de ma formation était : « il faut que vous mettiez les mains dedans sinon vous n’y arriverez jamais ».
    Note que j’aurais pu prendre l’exemple d’un master qui ne fait pas de toi un bon professionnel non plus.
    Cette gratification montre leur implication et un début dans cette jungle qu’est le digital.
    Et note également que même un explorateur averti peut se planter (ca m’est déjà arrivé plusieurs fois à moi en tous cas, en toute humilité).

    1. Salut Greg,

      Merci pour ton commentaire interessant.
      Je tiens tout d’abord à dire que je ne juge pas de la qualité des 6 jours que vous allez passer avec les apprenants. Connaissant les intervenants (Stéphane et toi en tout cas), je sais qu’ils sont entre de bonnes mains, surtout expérimentées (ce qui est l’idéal pour comprendre ces sujets).

      Seulement tu dis : il faut passer un permis pour conduire. Mais faut-il un diplôme pour savoir faire une stratégie digitale ?
      Existe-il des diplômes pour être planner stratégique ? Non ! Ce serait une arnaque, tous les publicitaires (sérieux) le diront. Alors comment peut-il y avoir un diplôme certifiant ses compétences en marketing digital ? A part pour rassurer les clients frileux et des annonceurs/agences qui veulent embaucher des experts, sans savoir pourquoi.

      Car oui, tu le dis très bien, on passe notre temps à nous planter. Et c’est sur nos échecs qu’on apprend, qu’on casse les idées fausses qu’on trouve sur les sites et les bouquins de soit-disant « experts ». L’expérience, l’exploration crée la fonction de planner digital (ou stratège digital), mais certainement pas un diplôme ou une certification.
      Quand vos apprenants auront passés quelques années à morfler en faisant des campagnes digitales, ils mériteront cette appellation. Mais pas avant.

      Alors oui, on pourrait récompenser les premiers pas des étudiants, mais n’est-ce pas ouvrir la porte à des certifications et diplômes tout azimut ? Demain, la moitié des formateurs (et ce n’est pas dur d’avoir un agrément formation), vont proposer des certifications.
      Tu connais certains des acteurs opportunistes dans notre métier. Imagine ce qui va se passer quand ils vont avoir cette idée. Beaucoup d’écoles seront prêtes à vendre ce genre de trucs.
      On va se retrouver dans quelques années avec des planners digitales certifiés partout. Et des compétences nulle part.

      Donc ne certifions pas ! Apprenons, faisons circuler notre savoir, mais ne certifions pas !

  5. @Cédric c’est la question que tous les annonceurs se posent. Pas forcément facile de trier le bon grain de l’ivraie. Sachant en plus qu’Internet évolue constamment, et qu’on ne peut être expert de tout.
    J’ai pourtant essayé d’apporter des réponses ici :
    http://www.cyroul.com/campagnes-pub-on-line/annonceurs-sur-le-digital-les-rendre-plus-intelligents-ou-les-rendre-plus-cons/
    et surtout ici : http://www.cyroul.com/tendances/experts-gourous-consultants-digitaux/

  6. Euh, comment ça se fait que tu connaisses tout mes clients ???

    … Blague à part, j’aime beaucoup autant le ton que la pertinence de cet article. Mais (car il y a toujours un mais avec moi ;) ), à sa lecture, je me fais la réflexion suivante : Les entreprises ont besoin d’être « rassurées » dans leur processus d’approche des médias sociaux. Et cela passe souvent par l’identification du bon interlocuteur. Comment leur permettre de trier le bon grain de l’ivraie ? Comment leur permettre de faire la différence entre les « diplômés » qui n’y connaissent rien, les « community managers » qui ne savent que poker des friends sur Facebook, et les vrais « explorateurs » comme tu les définis ?

    Certes, pour quelqu’un qui baigne dans cet univers toute la journée, c’est assez facile de faire la différence (encore que, je pense que beaucoup de très bons restent dans l’ombre). Mais pour quelqu’un qui justement n’y connais rien, c’est beaucoup moins facile.

    On crée un petit examen à faire entre nous pour labelliser les vrais ? On monte un site qui recense les bons ? On fait tourner une grille d’évaluation à l’usage des annonceurs ? Ou bien on laisse faire la loi de la jungle ? Des idées ?

  7. Je lis avec interêt la plupart des articles postés ici depuis 2 ans et celui-ci doit être dans mon top 5.
    Je suis daccord avec tout ce qui est écrit, c’est fluide, c’est pertinent, je suis fan. Bravo !

  8. @MonsieurP tu dis ça parce que tu en portes maintenant.
    L’analyse du profil physiologique type du commercial montre tout de même une grande propension à la chaussure pointue. Celle-ci augmente d’ailleurs de taille de pointe en fonction des velléités hiérarchiques du sujet. Et puis, la chaussures se dépointifie (néologisme) à mesure que le sujet récupère de véritables responsabilités au sein de son entreprise. En effet, la chaussure pointue se prend dans les meubles, et ce n’est pas recommandé quand on doit travailler sérieusement.

    Ceci était une étude gratuite offerte par Cyroul.com.

    @olivvv Il faut bien que les agences justifient leurs honoraires, he.

    @Richard Pas d’infos sur cette certification. Mais ils doivent enseigner le pipeau à Palo Alto.

  9. Les profils, enjeux et écueils sont posés.
    Je souscris pleinement. Sauf sur les chaussures pointues. La je te trouve particulièrement injuste :) !

  10. Sur Montpellier on a la formation de « Stratégiste Média Sociaux » enseignée par un formateur de la Social Media Academy de Palo Alto : des infos sur cette certification ?

    1. @ Richard – I guess you got the info from Pierre Miceli http://xeesm.com/pierre-miceli/ a certified social media academy strategist located in Montpellier.All information about the Social Media Academy and the certification you will find on our website http://www.socialmedia-academy…/On Wednesday December 8th we will have a free intro webinar – It starts at 17 h Paris Time – 8 am Pacific Time – http://www.socialmedia-academy…/ Happy to answer any additional questions. Au plaisir !Maritahttp://xeesm.com/maritar

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.