410 000 euros et la France l’a dans le dos

Septembre 2009, de retour de vacances, la France a besoin de laisser libre cours à sa colère. Le sujet idéal : Ségolène Royal qui s’est fait faire un site de merde pour 41 860 €. « Bouh, la honte ! » dénonce Internet. « Bouh la super honte ! » répètent les grands médias 1 semaine après. Et moults parodies humiliantes, critiques acerbes et réquisitoires passionnés ont envahi les Internets pour critiquer la dinde qui n’y comprenait rien en digital.

Juillet 2013, la France est en vacances. Sauf quelques journalistes de Politique.net qui, en fouillant un rapport de la cour des comptes, on démontré que durant le quinquennat Zarkozy (je maquille le nom de l’ancien président pour ne pas me retrouver blacklisté par les outils de surveillance automatiques de l’UMP. On ne sait jamais le nabot pourrait redevenir président et couper mon accès internet), Donc, pendant le quinquennat du petit coléreux, sa femme, Carla Bruni s’est fait payer un site web pour 410 000 €.

carlaaaa

Oui, 10 fois plus que Ségolène Royal. Et tout ça payé par nos impôts. Les boules…

410 K€ + 600 K€ = 1 010 K€

Le rapport de la cour des comptes est assez clair :

  • JeanPaulPognon_KoumbitD’un côté 410 K€ pour la conception et réalisation entre 2011 et 2012 d’un site WordPress de base (mal) customisé. Une véritable honte, comme nous l’explique très bien Bluetouff, le site aurait fait travailler des prestataires multiples, sous une gestion de projet désastreuse et des choix techniques douteux.
  • D’un autre côté  plus de 25 000 € par mois de gestion du site (on annonce plus de 60 k€, mais je ne peux y croire). Ce qui, en comptant bien nous emmène sur deux ans à du 600 K€.

Le total de cette donation non imposable du chef de l’Etat à sa femme s’élève à un peu plus d’1 million d’euros. Un beau cadeau de mariage payé par vos impôts. Ca pique un peu là, non ?

Mais c’est qui les champions ?

Mais qui c’est qui a empoché le pactole ?

D’après ce qu’on peut trouver dans le code, il s’agirait de zeni.fr, une société qui n’existe plus car elle a été rachetée par le groupe Keyrus qui fait du « Conseil en systèmes et logiciels informatiques » et basé à Levallois, le fief de Zarkozy. Des amis de la famille ?

[Correctif du 26/07] Ca cause dur sur twitter, et une source de confiance que je ne citerai pas m’a confirmé que c’est bien Julien Civange, un ami de la famille, qui aurait empoché le pactole. (cf. également le commentaire de Jul ci-dessous).

On pourrait dire que les vrais punk qui niquent la France c’est à Levallois qu’on les trouve, mais je ne les dénoncerai pas, fidèle à mon principe, que c’est l’annonceur, l’acheteur qui doit vérifier la qualité par rapport au prix de ce qu’il achète sur Internet.

C’est donc de l’entière responsabilité de celui qui a payé. Hélas, ici, c’est zarkozy, et celui qui l’a élu, c’est le contribuable. Donc nous.

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Révolte molle d’Internet

Manque de bol, les étudiants et glandeurs étant en vacances en juillet, le bad buzz Carla bruni a donc été nettement moins rigolo que celui de Ségolène Royale. Les médias online s’étant contenté de récupérer et d’agréger les articles de Bluetouff et de Politique.net.

On peut noter tout de même la pétition lancée par @supermegaridin sur Change.org et demandant à Carla Bruni de faire don de ces 410 000 d’argent public à des associations caritatives.  Une naïveté assez touchante quand on sait que la majorité des fondations son créées pour des raisons de déduction d’impôts, et donc que leur créateur n’en a souvent rien à battre des malheurs du monde. Ceci dit, cette pétition a déjà réunie plus de 20 000 signatures, alors pourquoi pas vous ? Avec un peu de chance, si ça dépasse le million, ça passera sur TF1 et la Bruni sera peut-être obligée de descendre de son yacht pour faire quelque chose.

Marchés publics = donner de l’argent à ceux qui n’en ont pas besoin ?

Désir d’avenir nous montrait une incompréhension crasse d’Internet par Ségolène Royale. La Fondation Carla Bruni nous montre que Zarkozy sait très utiliser l’argent du contribuable pour des raisons privées. Mais cette affaire nous montre surtout que certaines sociétés se gavent joyeusement sur le dos des contribuables.

Les appels d’offre truqués ne sont pas nouveaux. Rappelez vous l’affaire Giacometti où la société de consulting Giacometti Peron et associés se serait vue recevoir  plus de 2,5 millions d’€ entre par la présidence Zarkozy et la SNCF (dont le directeur était un ami des premiers). Le tout sans mise en concurrence. Corruption ? Oui. Disons le.

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Alors les experts en immobilisme diront qu’il ne faut pas être jaloux, que c’est la vie, et que ça a toujours été comme ça, quel que soit le gouvernement. Seulement, dans les domaines qui nous concernent (Internet et l’innovation technologique), c’est une catastrophe.

Car donner 410 000 euros pour un site web va :

  • Empêcher les sociétés légitimes – celles qui font des sites web de qualité – de continuer sainement leur activité en ne les faisant pas participer à des appels d’offre transparents.
  • Ne va pas créer d’emplois. Car les patrons qui ont récupéré cette manne providentielle se sont dépêchés de valoriser leur boite pour la revendre. Le genre de modèles économiques qui ne créent pas d’emplois, juste de la richesse plus ou moins bien imposée par les pouvoirs publics.corruption
  • Dévaloriser Internet. Car payer 410 000 € pour un site de merde ne va certainement pas améliorer votre ROI, quel qu’il soit. Donc à la fin, au lieu de vous dire que vous êtes nul d’avoir payé aussi cher, vous allez dire qu’Internet ne marche pas.
  • Ne vas pas permettre aux sociétés légitimes de se développer et d’innover. Car si l’état français croit encore que l’innovation se trouve dans le remplissage de dossiers administratifs en plusieurs volumes, ce n’est pas le cas dans le reste du monde où l’on aide les jeunes entreprises à se développer.

C’est donc de véritables problèmes de fond que soulèvent ce site à 400 K€. Cela montre que notre gouvernement et ses méthodes du 20e siècle, ne sont pas adaptés à l’économie d’Internet, à l’ère digitale, au 21e siècle. En attendant, il parait que Valérie Trierweiler ne coûterait que 19 K€ par mois à l’Etat.  Doit-on vraiment être rassuré ?

PS: comme je trouve ça scandaleux que des loleurs ne se moquent pas de la Bruni-Zarko. j’ai fait rapidement 2 visuels sur cet article. Si ils vous inspirent, piquez-les avant qu’ils ne se fassent censurer (les présidentielles approchent, va falloir nettoyer les e-réputations).

Author: Cyroul

Aventurier des internets depuis 1995

10 thoughts on “410 000 euros et la France l’a dans le dos

  1. Dommage on sait déjà qu’aucune peine ne sera encourue par personne et que l’affaire sera maquillée autant que la peau de Carla Rruni Zarkozy (lol) sur la 1ère photo de l’article !

  2. C’est scandaleux comment on peu xfaire croire ce type d’absurdité! Je n’en reviens pas et je ne sais pas si la pétition changera quelque chose mais au moins ils auront essayé…

  3. @Pandaroux hélas, là s’arrêtent mes compétences en matière législative. Il faudrait trouver un avocat qui sait (et qui est gratuit, c’est le côté compliqué de la chose).

  4. @pandaroux il faudrait enquêter un peu plus sérieusement :) Ca coute cher de perdre en diffamation.

  5. Savez que ca s’appel du détournement de fond publique et que c’est punis de 10 ans?

    On l’aura donc dans le dos que si personne porte plainte

  6. Une exquise archive sur un ami rock & roll de Karla BS:

    http://www.lesinrocks.com/2012/02/08/actualite/julien-civange-le-conseiller-rock-de-carla-bruni-112961/

     » La société Mars Browsers, appartenant à Julien Civange, aurait été la principale bénéficiaire de l’opération en touchant 580 886 euros. Le site Mediapart a également révélé que le Fonds mondial aurait versé 132 756 euros à une entreprise baptisée la Fabrique du net pour la conception d’une partie du site (“Lutte contre le sida”) de Carla Bruni-Sarkozy. Un site qui fait la promotion de l’image de la première dame, réalisé par Jérôme Blouin, free-lance pour Julien Civange.

    Aujourd’hui, dans l’entourage de Carla Bruni, on cherche à minimiser le rôle et les compétences de Civange. “Julien a plus la tête dans la lune que les pieds sur terre. Ce n’est pas un gestionnaire, explique Véronique Rampazzo. Il n’était pas salarié de l’Elysée, c’était un prestataire de services.”

    Peut-être une piste pour chercher où sont allés nos impôts…

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