Pour tout savoir sur la quenelle

Tout le monde en parle. Tout d’abord, dans les médias avides de sensationnel, ensuite dans les repas de famille propices aux sujets qui fâchent, ensuite dans les conversations de bars, remplacées depuis peu par des conversations de Facebook, et enfin par les politiciens pressés d’être cités par les médias avides vus ci-dessus.

Or, si tout le monde en parle de cette quenelle, rares sont ceux qui en parlent correctement. Aussi en digne blogueur donneur de leçon que je suis, j’ai décidé d’écrire ce petit B.A.-Ba de la quenelle afin de vous permettre de saisir peut-être toutes les subtilités de ce sujet complexe.

Bonne lecture.

La quenelle : des origines troubles

La quenelle est une spécialité lyonnaise. La proximité d’étangs (du plateau de la Dombes) riches en poissons, (et de brochets en particulier – difficilement transportables à l’époque) développa son utilisation. 

Les pâtissiers appelaient aussi cette préparation Godiveau. Il s’agit d’une pâte (« une panade« ) faite de farine cuite à laquelle on rajoute de l’eau ou du lait, puis du rognolet haché et enfin l’assaisonnement et les oeufs, toute la préparation pilée pendant 30 à 40 minutes. D’ailleurs on appelle également cette pâte consistante « une pilée » (véridique).  Ensuite, il suffit de modeler la pilée en petites boules puis en rouleaux cylindriques à la main dans la farine avant de les pocher dans l’eau chaude.

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Mais se disputent la paternité de la quenelle : le maître pâtissier Charles Morateur, qui incorpora la chair de brochet à une pâte à choux Louis Légroz, de la charcuterie Au Petit Vatel, qui, aurait revendiqué la première quenelle ou encore Joseph Moyne, fils d’un charcutier, qui aurait recréé cette recette au début du siècle. La vérité ? Nul ne le sait… Cette quenelle est décidément bien mystérieuse. 

La polémique actuelle de la quenelle

Mais la grande question qui divise les médias à propos de la quenelle n’est pas son origine, non. La voilà : faut-il baigner la quenelle dans le lait ou dans l’eau ? Pas évident.

Chacun a son point de vue. Personnellement, je rajoute un peu d’eau. Je ne suis pas fan du lait, je trouve que ça donne trop de gras à la pâte. Mais après, vous êtes libres, hein.

Vos enfants peuvent-ils faire des quenelles ?

Murielle, la quenelle s’ennuie à Quenelleville

Murielle, la quenelle …

Mais oui, certainement, les enfants doivent faire des quenelles ! La préparation des quenelles est très ludique. Et faire des boudins de pâtes (sur un plan de travail fariné merci), rappellera leurs meilleurs jeux de pâte à modeler à vos enfants.

Attention néanmoins, car la quenelle nécessite plusieurs manipulations de fourneaux, ne laissez pas vos enfants seuls avec des casseroles sur le feu.

Peut-on rire de la quenelle ?

Oui, assurément. Sa forme et sa consistance prêtent à rire. Un combat de quenelle cuite est assurément tordant, et glisser une quenelle dans l’oreille de votre voisin détendra tout de suite l’atmosphère glauque de la salle d’attente de votre dentiste.

La quenelle a d’ailleurs été longtemps un jeu de mot sur queue (véridique). Vous pouvez donc utiliser le mot quenelle à la place de bite. Cela vous permet de dire des gros mots tout en passant à la télé. Les commentateurs sportifs et les abrutis en sont friands.

Les allemands sont-ils à l’origine de la quenelle ?

Knödel

Knödel

Oui, car nous l’oublions trop souvent, mais quenelle vient du mot allemand Knödel (XIXe siècle) qui signifie boulette de pâte. C’est ce mot qui a donné quenelle, une boulette de pâte également (mais avec du poisson dedans).

La quenelle peut-elle devenir un plat national  ?

Quenelles noires à l'encre de seiche, marché de Lyon

Quenelles noires à l’encre de seiche, marché de Lyon

J’en doute mais pourquoi pas.

Car la quenelle est loin de ne se déguster que nature. Il existe de délicieuses recettes de quenelles panées, de quenelles à la sauce crevettes, de quenelles aux champignons , de quenelle à la sauce nantua.

Et vous pouvez également faire des quenelles de Saint-Moret au curry , des quenelles de saumon fumé, des quenelles de courgettes, des même des quenelles de mousse au chocolat.

Bref, la quenelle pourrait peut-être redresser la France si on apprenait à la cuisinier correctement.

Pour ou contre la quenelle ? 

Evidemment, vous l’aurez compris, je suis pour la quenelle ! Mais bien cuite, avec une sauce bien relevée, baignant avec quelques champignons.

Car sachez-le, la quenelle remplace avantageusement le morceau de pain trempé dans un pot de mayonnaise.

Conclusion : la quenelle pour tous !

quenelleMarshall McLuhan, ce théoricien canadien de la communication, vous l’a souvent dit : parler d’un sujet, c’est faire sa publicité. Je vous parle donc d’un sujet que j’aime bien : la quenelle, un plat bien sympathique pour en faire la promotion.

Je me suis laissé dire que vos amis les médias (ce ne sont plus les miens, depuis qu’ils confondent audience et intégrité) font depuis quelques semaines la publicité de la quenelle d’un humoriste cynique. La chose s’étant depuis envenimée en tombant entre les mains des politiciens, qui, comme on le sait, 1/ ne connaissent pas l’effet Streisand et font des procès pour interdire des choses , et  2/ n’y comprennent rien à Internet et à l’opinion publique populaire. Le résultat : les gens parlent de la quenelle des gros cons au lieu de parler de la quenelle de poisson. Et sur Internet, on ne parle hélas plus que des quenelles pas drôles (faites une recherche Google pour voir).

Aussi, pour que la quenelle retrouve ses lettres de noblesse sur Internet, vous aussi écrivez des billets sur ce magnifique aliment. Cela pourrira le SEO des quenelles pas drôles et améliorera celui de la bonne quenelle.  Retrouvez le goût !!