Les prémisses du marketing du futur

Aujourd’hui la plupart de vos pseudo-consultants spécialisés en marketing et autres agences de publicité obsolète vont vous vendre du marketing du futur à base d’expériences de marque interactives, de Twitter de marque (la nouvelle mode depuis 6 mois) et de réseaux sociaux (social media en langage marketo-bullshit – je vous ai déjà dit que les gens n’étaient pas des panneaux publicitaires). Mais je ne crois pas que le futur du marketing se trouve dans ces artifices modernes tellement à la mode.

L’une des incarnations du marketing du futur est par exemple le Storytelling de Vie de Produit (« Product Life Storytelling » marque déposée – non je rigole, on est au 21ème siècle). Une idée marketing qui risque de rebuter plus d’un annonceur traditionnel, et qui en fait donc un outil idéal de communication pour les petites marques audacieuses à petits budgets de publicité.

Et pour illustrer ce nouveau concept, voilà un très bon exemple de ce Storytelling de Vie de Produit avec R.U.S.E, le jeu vidéo RTS d’Ubisoft (dont je vous avais déjà parlé ici).

Ubisoft a donc posté cette vidéo il y a quelques jours sur son compte Youtube.

[youtube width= »500″ height= »350″]http://www.youtube.com/watch?v=ScDkFqDG9vU[/youtube]

L’intérêt du product life storytelling pour Ubisoft

Quand vous participez à une alpha ou une beta (une étape de pré-lancement d’un service ou produit), vous ne recevez souvent qu’un petit mail vous remerciant de votre participation (et encore quand la marque y pense). Cela vous laisse souvent une impression d’être pris pour un pigeon. Vous participez à l’élaboration d’un produit pour le rendre meilleur, et on vous traite ensuite comme un utilisateur comme les autres (quand la marque ne décide pas de vous faire payer (lire Last time for last FM).

Ubisoft a bien compris ça. Et cette vidéo lui procure 2 avantages :

1/ Assurer la fidélité de ceux qui ont participé à la beta. La communauté de testeurs ne peuvent qu’être récompensés par le contenu de la vidéo. On parle de leur travail, et on en parle en le mettant en scène. Un peu comme si les testeurs devenaient des participants de l’histoire racontée par le produit.

par la qualité de la vidéo et le soin apporté à la mise en scène et l’ambiance.

2/ Susciter la curiosité et l’attention de ceux qui n’y étaient pas. Cette vidéo est assez bien scénarisée car sous prétexte de montrer les améliorations du jeu, elle nous fait surtout une démonstration de RUSE et de son ambiance. Le but avoué étant évidement de propager cette vidéo (oui, le fameux truc du marketing viral) par les professionnels du jeu vidéo qui vont préférer copier/coller la vidéo que copier/coller un communiqué de presse chiant.

Avec une vidéo comme ça, tout le monde est content : les diffuseurs de contenu (sites web) qui ont du contenu sympa à diffuser, les lecteurs qui ont du contenu sympa à regarder et Ubisoft qui fait de la publicité sans avoir l’air d’en faire.

Et pourquoi les autres marques ne font pas du Product Life Storytelling ?

Si ce fameux Product Life Storytelling fonctionne si bien, on devrait en voir partout vous dites vous. Et vous avez raison, on va en voir partout. Mais pas tout de suite, et ce pour 2 raisons non insurmontables mais qui vont prendre quelques années quand même.

1/ Déjà parce que la plupart des annonceurs ne comprennent pas encore l’intérêt de créer des communautés autrement que pour faire comme les voisins. Vous êtes-vous déjà demandé à quoi va vous servir la fanpage Facebook de votre marque ? C’est très bien de collectionner les followers et les fans, mais sans véritable objectif, c’est juste inutile.

2/ Ensuite parce qu’il va falloir dégager du budget. Ubisoft a la chance d’avoir des créatifs et un studio de production sous la main. Mais très peu d’annonceur peuvent faire une vidéo facilement sans que ça leur coute rien. Mais je leur dirai la même chose qu’à mes clients qui veulent acheter un community manager : investissez ! Et investissez avant les autres ! Car les annonceurs ne sont pas stupides, et ils vont vite former en interne ou embaucher des spécialistes de contenu plutôt que d’externaliser. On peut donc avancer que les postes de création de contenu (diffusable) vont vite exister au sein des marques.

Ces 2 problèmes résolus, les marques vont alors se lancer dans une véritable course pour vous raconter le process de fabrication de leurs produits et surtout comment leurs communautés y ont participé. Vous voulez parier ?