Non je ne parlerais pas du web3 !

Je préfère vous parler d’un très bon article Advertising adds you as a friend ou Pourquoi la publicité sur Facebook serait-elle plus critiquable que la publicité tout court ?

Cet article de Guillaume Bilheude et de Déborah Marino, (des planneurs stratégiques. Oui, vous savez les gens qui réfléchissent aux consommateurs face à la marque, un peu comme des ergonomes mais pour des marques quoi), rebondit sur l’incroyable déclaration de Mark Zuckerberg s’excusant des débordements de son outil Beacon pour creuser en profondeur sur le comportement des utilisateurs sur Facebook.

Mark Zuckerberg est très contentFacebook, comme tout réseau social, utilise le narcissisme de ses utilisateurs pour se développer. Un utilisateur va parler de lui, de sa vie trépidante, de sa phénoménale culture, de ses incroyables amis, de ses voyages extraordinaires, de ses gouts certains, de sa réussite professionnelle, etc. Toutes les fonctionnalités vont lui permettre de flatter son ego, de construire ce que les auteurs de l’article appellent un idéal du moi.

Alors forcément, quand le marketing arrive à grand renfort de stéréotypes (oui, c’est comme ça, la publicité travaille sur des stéréotypes, et personne n’y échappe), l’utilisateur du réseau social, si fier d’être unique, commence à paniquer. « Quoi, comment ? J’ai une pub pour Madame Soleil sur ma page profil ? En plus, c’est la même que mon voisin ?! Mais c’est scandaleux, je suis tellement différent (lire mieux) de lui. C’est une atteinte à mon droit imprescriptible de fantasmer sur mon moi personnel. Et tout ça de la faute à la publicité. A bas la publicité sur Facebook !«  Car quand l’utilisateur flippe, il se plaint !

Et pourtant, si l’internaute ouvre les yeux, il verra que les régies publicitaires s’intéressent de plus en plus à la publicité comportementale (= on ne vous vend plus une saucisse parce que vous êtes alsacien, mais parce que vous aimez la charcuterie. Rigolez pas, ça fait 100 ans qu’on vous vend des trucs sur votre catégorie SP et géographique, et ça va pas changer en quelques jours). Donc le comportement de l’utilisateur va être de plus en plus analysé, décortiqué, comparé, statistiqué puis régurgité.

En conclusion, cette levée de bouclier est bien inutile. Elle me rappelle l’époque où Google a lancé publicités contextuelles dans Gmail. Depuis, tout les utiisateurs ont oublié et trouvent ça normal (voir même utile) d’avoir des publicités en rapport avec le contenu de ses emails. Pour les marques, il s’agit juste d’une évolution indispensable de leur publicité (si elle veut s’adapter aux nouvelles générations de consommateurs). Pour les consommateurs, une nouvelle façon d’être stimulé (si la publicité se débrouille bien).

Pour en savoir plus :