Les haïkus, Fénéon et Brown, ancêtres de Twitter

Wednesday, January 20th, 2010

S’exprimer de manière concise mais efficace est un exercice difficile, peut-être l’exercice le plus difficile de toute création littéraire. Choisir les bons mots, le bon rythme de la phrase, la bonne chute, c’est un art. Un art que nous pratiquons de plus en plus couramment, souvent sans le savoir, en utilisant Twitter.

wilde et moi Les haïkus, Fénéon et Brown, ancêtres de TwitterCar Twitter force à s’exprimer en 140 caractères. Une limitation souvent très frustrante, empêchant de faire partager son émotion face à des images formidables, son indignation face à des nouvelles scandaleuses, ses débordements de joie devant des contenus comiques. Le smiley, invention spécifique de l’ère numérique, n’est ici d’aucune aide. Seule vous reste votre capacité à exprimer le meilleur de la langue (ou argot) que vous utilisez, en la détournant, tordant, ou en jouant avec.

Les tweets heureux aboutissent de temps à autre à de véritables petits bijoux. J’attends d’ailleurs avec impatience le jour où, tel une bash d’IRC, ces tweets mémorables seront collectionnés (mais que fait Beaubourg ?).

Mais cette pratique de la concision et de l’efficacité textuelle n’est pas nouvelle. On peut même dire qu’elle est issue d’une longue tradition littéraire, car bien avant Twitter certains ont érigé la concision comme un moyen ou une finalité.

Je vous propose donc un petit tour des influences historiques de Twitter et sur les bonnes pratiques dont nous pourrions nous inspirer pour mieux nous exprimer avec un nombre de caractères limité (oui, ça rime, c’est fait exprès). (more…)