La vie est belle. Les agences de pub recrutent à tour de bras des planners digitaux plus ou moins expérimentés (ça donne au moins du travail aux planner strat qui n’en trouvent pas), des experts et consultants qui savent parler du mix-media 360 2.0 sans sourciller, et aux chefs de projet qui savent faire la différence entre du flash et du JQuery. Bref, on ne connait pas la crise dans le monde de la publicité digitale.
Sauf que l’on continue à vendre de la bouse…

L’annonceur (pauvre brebis égarée dans un monde trop complexe pour elle) commence juste à comprendre qu’il est paumé face aux enjeux et à la complexité du digital. Résultat, il fait ce qu’il a toujours fait : hop, un appel d’offre pour choisir la meilleure agence de publicité ! La meilleure ? Non, pas la meilleure en stratégie digitale, non, celle qui l’aura fait rêver, celle qui l’aura convaincu qu’il n’a qu’à signer le chèque bien assis dans son fauteuil pour avoir une belle campagne digitale pour sa marque. Alors il signe, le cœur rempli de joie et d’excitation à l’idée de toutes les merveilles interactives qu’il va pouvoir obtenir d’ici quelques mois. Il a tout à y gagner : peu de travail (le minimum pour garder sa crédibilité de chef : “il faut impérativement du bleu“), et en cas de succès, une place au panthéon de ceux qui osent lancer des opérations digitales. Reconnaissance, gloire, augmentation. Les étoiles brillent dans ses yeux, c’est un winner !
Seulement, un an après, un responsable un peu plus responsable va se demander à quoi ont véritablement servi les 20 000 euros de Fan Page Facebook et les 50 000 euros de Community Management investis dans cette opération. La réponse sera classique : il faut être sur Facebook, nos clients y sont. Il faut avoir un CM pour contrôler notre e-reputation (“vachement important ça l’ir-reputation!“). Et c’est une opération de buzz vraiment originale qui va nous faire des RP (“3 blogs ont d’ailleurs écrit un article là-dessus. Oui on les a payé, mais ils auraient pu refuser, c’est dire le succès de notre opération“). Mais des résultats ? On est pas là pour ça Monsieur, on fait de la com’, pas des trucs efficaces.
Bref, des dispositifs digitaux sans aucun recul ni sur la marque, ni sur la pérennité de cette marque sur le digital. Uniquement des dispositifs digitaux extrêmement rentables pour les agences qui les proposent, et qui surtout qui ne menacent pas la tranquillité de l’annonceur. Mais comment ne pas vendre de la bouse à ces annonceurs ?
J’y ai beaucoup réfléchi, et voilà la synthèse de mes réflexions avec ces 3 règles qui devraient vous permettre de garder une certaine honnêteté dans vos rapports avec votre annonceur. Et en conclusion, l’avis de mon pote Seth Godin sur cette question de l’honnêteté de vos relations avec vos clients.
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