Les voeux de Momo : la vérité vraie

Hello world,

Vous avez vu les vœux en vidéo de Maurice Levy, le boss de Publicis ?

Non ? Pourtant, vous auriez du. Il s’agit de vœux assez originaux qui malgré quelques problèmes de compréhension du digital ont été salués par toute la profession (la profession de publicitaire, je précise). Certains blogueurs, certainement futurs postulants (clients) chez Publicis (ou Razorfish) n’ont d’ailleurs pas hésité à encenser gravement cette vidéo, prouvant que la lèche est encore l’arme de base de tout commercial qui a perdu tout respect de lui-même.

Une parodie nous semblait donc nécessaire. Une parodie légère qui devait refléter notre envie de nous marrer un peu face au consensus publicitaire mou. La suite des explications après les vidéos…

YouTube Double

L’équipe : scénarisation (il y en a, si, si) : @Maudule, chef op : @MonsieurP,  inspiration : @ff_ff et création de trafic : @gaetan.

Crise économique ? Mes fesses !

Car il paraît que l’industrie de la communication va mal… Que l’année 2009 a été une année difficile… Pour certains c’est vrai ! C’est vrai que tous les habitués du statu quo publicitaire se sont pris l’année 2009 en pleine figure. Mais l’excuse de la crise économique ? Mes fesses !

En 2009, les annonceurs ont surtout compris que les agences de pub n’étaient pas au point sur le digital, et que la responsabilité d’une campagne ratée leur incombait (lire Les responsabilités de la publication d’un mauvais site : la faute à qui ?). Alors peu à peu, les annonceurs se sont mis à travailler avec des petites structures à l’écoute, audacieuses et pertinentes, plutôt qu’une grosse agence dont l’objectif est de faire de la marge (pour payer ses locaux, ses multiples directeurs glandeurs et autres coûts cachés).  L’annonceur s’est soudainement aperçu qu’il était plus économique de faire réaliser son blog wordpress à 5000 euros par une petite structure plutôt que passer par son agence qui va lui facturer à 60 Keuros.

Le digital, sauveur de la pub

En fouillant un peu, on apprend que sur 2009, le marché publicitaire est en baisse, à l’exception d’Internet. La TV -18,9%, la presse -16,3%, la publicité extérieure -12,7%, et la radio -12,5%. Aie ! Et pendant ce temps là Internet enregistrerait une progression de 2,2%, avec 1 132 Meuro de recettes publicitaires.

Seulement, que ce qui marche en ce moment, c’est Twitter (600 000 messages quotidiens  échangés et répétés sur Twitter contiennent une information concernant une marque ou une entreprise) et les réseaux sociaux (96% des jeunes de la générations Y sont membres d’un réseau social ), c’est à dire, 2 territoires où ne se trouvent pas les agences traditionnelles de réclame de publicité et qu’elles ne veulent pas investir (trop petites marges à se faire là-dessus).

Et les agences découvrent d’un coup, avec stupéfaction que :

  1. la bannière pub ne fonctionne plus.
  2. le site web à 150 Ke est nettement moins efficace que le blog à 5000 euros
  3. il faut une expertise pointue pour pondre une stratégie digitale, une expertise que n’ont pas les stagiaires, ni les chefs de projet, ni les créatifs…

Diable ! Voilà qui remet en cause 60 ans d’organisation des agences traditionnelles. Des clients-consommateurs qui changent, des technologies qui évoluent, et c’est toute l’industrie de la pub qui pleure son modèle économique perdu.

Une remise en cause de la pub, ou une prolongation du statu quo ?

Et c’est bien ce qui manque dans les vœux de M. Levy. On y trouve de l’inspiration, du regret, de la joie aussi, mais surtout une volonté évidente de continuer à faire perdurer le modèle économique de la publicité, notamment par l’achat d’un poids lourd du digital. L’image affichée est celle d’un patron qui se veut rassurant : « Ca va bien se passer, on a acheté une boite qui s’y connait, on est donc bon, ça va passer…« .

Je suis persuadé que les vendeurs de charbon disaient la même chose quand l’électricité a débarqué…