Twypocrisie = Twitter + hypocrisie

Je ne peux m’empêcher de vous faire passer ce petit dessin animé qui va permettre à ceux qui veulent critiquer Twitter mais qui ne savent pas ce que c’est, de trouver pleins d’arguments tout prêts à balancer pour épater ses clients à un diner d’affaires. Ce cartoon nous montre en effet une sorte de caricature de Twitter reprenant tous les poncifs entendus auprès des marketeurs et communicants ancienne génération (ça ne veut pas dire qu’ils sont vieux, ça veut dire qu’ils pensent que la publicité ne changera jamais et qui font tout pour que ça soit le cas).

Petits retours sur ces fameux poncifs (et ensuite le cartoon qui a déclenché mon juste courroux)…

« sur Twitter, n’importe qui raconte n’importe quoi!« .

On ne peut dire le contraire. Mais il s’agit d’une certitude applicable à toutes les conversations (du téléphone au forum). Vous ne pourrez jamais empecher les gens de parler de leur vie, de leur taff, de leur chien et de leur envie de sexe.

Sauf que, grâce à Twitter, vous pouver cibler vos conversations et vos interlocuteurs dans un but professionnel ou passionnel. Et ça, vous ne pouvez pas le faire au téléphone (où la conversation peut déraper) ni sur un forum (où les interlocuteurs ne dépendent pas de vous).

Sur Twitter vous choisissez vos interlocuteurs. Et si ils vous ennuient ou vous font perdre votre temps, vous les virez.

« sur Twitter,on a des amis qui sont même pas de vrais amis. »

Un argument très crétin qui indique simplement le manque de connaissance du sujet. En effet, sur Twitter vous n’avez pas des amis, mais des followers (des gens qui vous lisent) ou des followings (des gens que vous suivez). C’est tout à fait différent.

Pour ma part, je ne connais pas personnellement @guykawazaki ou @warrenellis, même si je suis leurs twitters avec plaisir. Et les gens qui me suivent le sont parce qu’ils sont intéressés par les bêtises ou les trucs utiles que je raconte (voir mon twit, rempli de loi #hadopi et de #twittgossip, entre autres).

« Twitter c’est rien qu’une mode éphémère, vite consommée, vite digérée. Ca ne sert à rien de se pencher dessus vu que demain ça sera autre chose.« 

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Les dinosaures ne sont pas morts, ils broutent encore… L’argument « mode éphémère », un argument assurant une stabilité permanente à celui qui l’énonce, est en effet imparable car il est quasi certain que Twitter ne sera plus ce qu’il est dans 1 ans

Cet argument a été beaucoup utilisé il y a 10 ans quand Internet est arrivé pour bousculer les vies des fonctionnaires de la pub (« Internet ça marchera jamais, c’est que pour les jeunes et les geeks« ). Et cet argument est encore entendu aujourd’hui quand on parle de faire de la publicité sur les réseaux sociaux (« Facebook, c’est une mode, dans 2 ans ça sera un autre réseaux, ça sert à rien d’y aller« ).

Face à une modification intrinsèque de son environnement, le communiquant-marketeur a deux possibilités: faire comme si il ne changera jamais (voir essayer d’empêcher le changement) ou s’adapter. Mais vous savez déjà ce que j’en pense (lire sur ce blog Elle ne le sait pas encore, mais la pub est déjà morte ou encore Coup de gueule : octobre 2008).

Car tous les services utilisés par les gens sur Internet sont des modes éphémères. L’acte quasi-démiurgique de zapper a dépassé le cadre de la TV pour investir la vie même des gens. Le digital étant un lieu de créativité permanente et de populations immenses, de nouveaux concepts, de nouvelles tribus, de nouveaux usages se créent tout le temps. Rien n’est stable sur Internet; le début des années 2000 nous l’a prouvé.

Il va donc falloir de nouveaux modèles d’agence, qui utilise des compétences inhabituelles, pour gérer cette nouveauté permanente. Des agences souples, flexibles, qui travaillent avec des personnes expérimentées, curieuses, testeuses (lire Dis papa, c’est quoi un planneur digital ?)… Bref, de petits mammifères agiles et adaptables, et pas de gros dinosaures lourds et lents.

Et maintenant, place à la twitocrisie

Juste avant, si vous voulez vraiment comprendre ce qu’est Twitter, lisez plutôt ceci : Pour vos clients nuls en Twitter ou même Jacques Attali qui en fait une analyse pertinente sur :  Connaisssez vous Twitter?

Et je vous propose cette petite expérience : regardez ce dessin animé en remplaçant toutes les mentions de Twitter par « Internet ». Vous verrez qu’il fonctionne aussi.

Essayez également avec « Facebook » et ça marche aussi, n’est-ce pas ?