Neo-experts, post-gourous et wannabe consultants digitaux

Ca y est, je suis énervé…

Hier j’ai regardé mes nouveaux followers de la semaine sur twitter et je suis tombé sur 10 nouveaux consultants professionnels experts en digital marketing, en e-reputation de marque, en digital planning, en booster de business sur Twitter, en e-notoriété, en médias sociaux (sic) et même en web marketing...

Ce qui ne peut signifier qu’une chose : le name dropping de buzz words a atteint son rythme de croisière (essayez de dire ça très vite pour voir).

Allez, dissection de l’effet « expertise spontané » qui fleurit sur les réseaux professionnels et qui n’est pourtant pas nouveau…

Car ce n’est pas la première fois

En effet, il y a 10 ans, un nombre incroyable d’entrepreneurs web aux soit-disant idées géniales envahissaient les First Tuesday et raflaient tous les budgets offerts par des business angels peu malins. Qu’importe si ces jeunes gens aux dents longues ne savaient pas faire un site web car ils savaient présenter un power point. Alors ces VC (Venture Capitalists) ont distribué de l’argent (qu’ils n’avaient pas toujours) sans réfléchir à qui et pourquoi le donner.

Pour nous moquer avec quelques potes (nous étions jeunes), nous nous étions même transformés en suédois en lançant Kasskooye.com, une ode parodique à cette engouement pour des projets creux menés par des businessman pour des businessman (oui, j’avais des cheveux à l’époque).

Le résultat : les sites en carton mâché proposés par des « experts web » sans aucune expérience se sont volatilisés dans une explosion de francs (oui, à l’époque c’était des francs) dans un gâchis sans précédent qui n’a trouvé aucun responsable. Comment en effet accuser des entrepreneurs sans expérience, ou même des investisseurs de bonne volonté ? Alors on a appelé ça « la bulle 1.0 » et on est passé à la suite.

Mais ça continue encore et encore…

(C’est du Cabrel ça ? Mince je vais me faire charrier!)

Ca a recommencé en 2006 où les agences web se sont mises à vendre du 2.0 d’abord doucement puis en masse. Qui n’a pas son site 2.0 ? Du site 2.0 pas cher ! Demandez le site 2.0. Et puis en 2007, le blog est devenu à la mode et toutes les agences et consultants devinrent experts blogueurs : comment faire un blog efficace, comment faire en sorte que les blogueurs parlent de vos produits, etc.

En 2008, la population d’experts en buzz marketing s’est accrue brusquement pour vous proposer du viral prêt à buzzer. Ces experts en viralité se multiplièrent (pire que le HAN1) pour vous proposer des vidéos et campagnes dont plus personne ne se souvient aujourd’hui. Et en 2009, ce furent les professionnels des médias sociaux qui se sont mis à vous promettre la lune grâce à leur expertise unique dans l’affichage de publicité sur des réseaux sociaux.

Le résultat  ? lisez Why Doesn’t Social Media Work for Traditional B2B Marketers? Because They’re Traditional B2B Marketers. Un beau gâchis d’argent, de ressources, mais aussi du capital « confiance » de certaines marques. Pourtant ça continue aujourd’hui où, certaines agences et consultants sans scrupules deviennent spontanément des professionnels de Twitter et de la e-reputation de marque, les deux tendances de l’année. Et les annonceurs marchent, voir courent. Un expert social media, chouette, on achète…

Seulement annonceur crédule, je vais t’avouer quelque chose :

Devenir un expert en social machin ou en truc 2.0 c’est facile !

En effet, il suffit d’aller sur un site qui s’appelle Slideshare, de taper un mot clé dans le moteur de recherche, et de télécharger une belle présentation en PDF (ou même en PPT) sur votre sujet favoris. Et hop, à vous les joies de l’expertise 2.0, e-reputation ou buzz marketing et tout ça, sans jamais avoir lancé une campagne.

Vous pouvez également lire des blogs, où l’on trouve des tas de trucs, comme par exemple 6 Ways to Be an Expert…Even if You’re Not an Expert!

Et qui vous contestera cette légitimité ? Vous l’annonceur ? Alors que vous ne savez pas lire un blog ou twitter un article, ahahaha, certainement pas.

Mais il existe des façons de ne pas vous faire abuser. Et comme je suis rempli de compassion pour toi, pauvre annonceur crédule, je vais te donner quelques conseils.

Conseil n°1 : vérifiez les preuves de l’expertise digitale

Qu’il soit agence ou consultant indépendant, vous devez impérativement tester ou vérifier les capacités de l’auto-proclamé expert digital en cherchant des preuves sur Internet avant de faire appel à lui. C’est facile, ça vous prendra 30 minutes et ça vous évitera de donner votre budget communication de l’année à un consultant qui vient de découvrir le marketing digital en lisant le dernier Tartes et gît spécial web 2.0, mais qui a une belle cravate, des dents blanches et une rollex.

Quand j’embauche un collaborateur ou quand je fais appel à un partenaire technique ou éditorial, je me renseigne sur son compte avant de signer.

Vous aussi ?! Alors pourquoi ne pas vous renseigner sur l’expert digital ou l’agence avec qui vous allez bosser ?

  • Un expert en blog ? Il est où son blog ? Il fonctionne ? Combien de commentaires par articles, combien de lecteurs estimés ? Depuis combien de temps existe-t-il ? A-t-il une véritable ligne rédactionnelle ou est-ce un blog « seo-oriented » ?
  • Un expert Twitter ? Combien de followers ? 300 ? Ben dites donc, ça doit être un expert de niche ou alors il se fout de votre g*. Lisez Self-Proclaimed Social Media Gurus on Twitter Multiplying Like Rabbits.
  • Un expert en e-notoriété ? Googlisez son nom et analysez les résultats. Sa e-réputation se doit être nickel. Et ça vous permet de tester la longevité du bonhomme. Quoi ? Seulement 3000 résultats ? Il a découvert le web avant-hier ou quoi ?
  • Un expert en stratégies digitales ? Lisez le conseil n°2

Conseil n°2 : si on vous vend ce que vous attendez, c’est que c’est mauvais

Vous n’allez pas payer un expert pour réaliser ce que vous avez expertisé, si ?

Depuis 2 ans, on trouve des stratèges digitaux partout, qu’on peut croiser aussi sous la forme de planners digitaux ou d’experts en communication digitale. Alors comment distinguer le véritable expert du commercial malin ?

Déjà dans le cas d’une agence, vous devez identifier votre (ou vos) stratège(s), car ce sont ces experts qui vont faire votre stratégie, pas l’agence. Ca vous permettra de mettre des noms sur les compétences et éviter le syndrome agence : vendu par un commercial et réalisé par un stagiaire.

Ensuite, faites ce test :

  1. Vous demandez au consultant (ou à l’agence), de vous créer un compte facebook, un twitter et un blog.
  2. Et vous attendez la reco.
  3. Si la reco vous propose un Facebook, un twitter et un blog, changez d’agence/consultant
  4. Si la reco vous demande de faire des trucs très désagréables, comme recentrer votre boite autour de votre programme de social CRM, ou encore faire du véritable participatif, ou même répondre aux doléances de vos consommateurs, alors votre consultant aura bien fait son travail. Il vous aura bougé les fesses et remis votre modèle économique en question, ce dont vous avez besoin, que vous le sachiez ou non.

Conseil n°3 : un expert multi-fonction n’existe pas

J’avais eu une longue discussion à ce propos sur l’article consacré au digital planner, car je reste persuadé qu’un planner digital est quelqu’un qui est capable de créer une stratégie qui fait intervenir plusieurs expertises sans être lui même un spécialiste de toutes ces expertise. Je ne crois pas 5 minutes à l’agence (ou au consultant) couteau-suisse expert en tout : en rédaction de blog, de twitter, de stratégies digitales, en création de site web, en e-reputation etc. Surtout si il n’y a que 5 personnes dans l’agence.

On ne peut être expert de tout, et ceux qui vous disent le contraire essaient de vous vendre quelque chose.

Non, vous devez savoir, quand vous embauchez votre consultant, qu’il sera un spécialiste ou un généraliste qui fera intervenir des spécialistes. Après, si vous n’avez que le budget pour vous payer un généraliste, c’est votre problème, mais n’imaginez pas qu’un généraliste peut être aussi bon qu’un spécialiste. Sur ce point, testez votre consultant/agence : à lui de vous dire si il externalise, dans le cas où le budget le lui permet. Et dans le cas contraire, il doit vous dire que les résultats ne seront pas optimales.

Conseil n°4 : pédagogie et KPI

Je continue à être persuadé que la qualité fondamentale d’un planner digital, ou d’un expert communiquant digital est la pédagogie. Car un bon consultant ne peut pas travailler avec un client qui ne comprend rien à ce qu’il fait. Cela l’oblige en effet à ne faire que des campagnes déjà-vues pour être certain qu’on les lui valide. Et l’on sait que sur Internet, le déjà fait/vu équivaut à de l’obsolète.

Pour expliquer un dispositif de communication digital compliqué, demandez à l’expert de vous montrer un autre dispositif stratégique plus simple. Et si il vous sort une vieille stratégie digitale de 2007, dites lui que vous aussi vous lisez cyroul.com et que vous, vous savez que ce schéma date de 3 ans. Non, exigez un dispositif moderne, plus tactique et donc stratégique.

Et surtout exigez un dispositif qui contient des KPI ! Des quoi ? Des indicateurs de performance ! Mentions indispensables pour toute stratégie digitale crédible aujourd’hui. Comment faire une stratégie sans indicateurs de performance ?

En conclusion : renseignez vous avant d’acheter de l’expertise !

Bon, j’espère que cet article vous a plu. N’hésitez pas à rajouter des conseils ci-dessous pour permettre aux annonceurs crédules de ne plus faire appel à des faux spécialistes.

  • Pingback: Huis-clos, SEO black hat, Google store views... Billets de la semaine #84 - Blog du Modérateur()

  • bug-in

    Il existe des cas similaires dans d’autres fillières informatique, comme la maintenance informatique. C’était mon boulot et ça l’est toujours de manière déguisée.
    Aujourd’hui je fais de l’éducation de classe de primaire en informatique et je gère la petite salle info. Je me rappelle très bien un jour d’un gars que l’école envoie pour réparé le fonctionnement réseau (puisque pour l’école, je ne suis pas le réparateur), et il se pointe avec son costard cravate et tout (alors que je viens habillé normal). Il allume les ordi… et la, il prend un air appeuré et figé quand il voit que certains d’entre-eux fonctionne sous Ubuntu !
    UBUNTU ! un truc entièrement en ligne de commande sortie de ma poche, je veux bien, mais Ubuntu, c’est quand même pas la mort.
    Bref, ce gars avait toute les apparences de compétences, mais n’avait pas les dites compétences.

  • Bonjour Cyril, très bon article qui a le mérite de remettre quelques pendules à l’heure. Passablement énervée je suis de voir des personnes se proclamer CM ou digital stratèges alors qu’ils ne savent pas écrire deux phrases sans fautes d’orthographe ou pire d’accord !
    Maintenant je vais me permettre de nuancer un peu ton propos : tous les planner stratégiques n’ont pas de blog pro. C’est mon cas par exemple, j’ai un blog qui est plus dédié aux tendances de la création qu’à l’analyse de campagnes online ou ce genre. En effet je réalise et conseille des clients dans le domaine des ePR et de la com’ online depuis maintenant 5 ans et les réalisations ou campagnes que j’ai peu faire pour eux sont à mes yeux de meilleures preuves de la qualité de mon travail qu’un blog pro…
    Cela dit, bien sûr, il est indispensable d’avoir un blog (sur n’importe quel sujet) de pratiquer Twitter et autres outils de communication digitale pour conseiller un client sur ce type de stratégies…
    Autre nuance : bien sûr quand tu me cherches sur google tu as pas mal de résultats, les plus vieux remontant d’ailleurs en premier, tu t’aperçois ainsi que je suis sur le net depuis le 56k…mais tu vas voir aussi quelques vilains billets me concernant (1 ou 2 je crois) : pourquoi ? Parce que bien sûr sur le net comme ailleurs les critiques sont plus faciles à écrire que les louanges…Donc si une fois ou l’autre je me suis plantée ou ai été critiqué par un concurrent jaloux, ou un blogger sournois, cela reste dans les résultats Google…Cependant, en ce qui concerne les stratégies réussies ou les plateformes de conversation encore en ligne, il est bien rare d’être félicité par ces mêmes personnes ;) Expert en eRéputation ou pas, il y a donc des traces de quelques jaloux sur le net !
    Pour moi un bon professionnel, c’est aussi quelqu’un qui assume et peut expliquer ce genre de choses. Comme tu le dis la pédagogie, c’est vraiment le nerf de la guerre et puis l’humilité, la modestie aussi, devant un environnement en mouvement constant, c’est la moindre des choses.
    Le planner start ou consultant digital se doit de dire à son client qu’il y a des choses à expérimenter car les vieilles recettes éprouvées peuvent avoir tendance à ne plus focntionner…
    Pour moi le bon professionnel, c’est un consultant en innovation digitale qui va conseiller des actions nouvelles, très personnalisées à son client en fonction d’une étude précise de sa cible, de son positionnement, mais aussi et surtout de ses objectifs. Cela peut paraitre évident, mais combien de consultants vendent au chausse-pied des stratégies banalisées pour éviter de réfléchir ? Donc sans étude de cible et benchmark concurrentiel : méfiance…
    Bref, je retourne au boulot ;)

  • Cedric DENIAUD

    Dire que je suis en phase serait un euphémisme.

  • Excellent article que je viens de découvrir. Je parlais d’ailleurs de mon expérience « vu de l’intérieur » des effets catastrophiques que peuvent engendrer ces « gourous » ici http://axyome-blog.blogspot.com/2010/01/mefions-nous-de-certains-gourous-auto.html

    Et vous avez 1000 fois raison sur les « pseudo experts » multi fonction. Ils peuvent détruire une société en très peu de temps.
    Ils font les choses à l’envers sans se soucier des conséquences « peut importe du moment qu’ils sont payé! »

    Encore bravo pour votre billet bien plus intéressant que d’autres sur le sujet ;)

  • Schéma formidable de Esarcasm que je ne peux m’empêcher de publier dans mon prochain billet, merci Axonn.

    Le problème essentiel, c’est que la différence entre un pro et un amateur ne se situe certainement pas sur le nombre de listes ou de followers, mais surtout sur la qualité de sa recommandation stratégique. Néanmoins, un « pro » qui vous fait une reco twitter sans savoir s’en servir est à éviter. Donc un critère non indispensable mais tout de même qualifiant.

  • Axonn

    Une manière sérieuse de dire ce que résume très bien eSarcasm dans ses diagrammes.

    http://www.esarcasm.com/7669/twitter-traffic-27-million-tweets/

    Témoignage perso pour plussoyer le billet : je me trouve dans cette liste :

    Pourquoi ? parce que j’ai écrit UN billet à propos de Twitter — je ne vous met pas le lien, il est mort.

    Sauf que ce n’est pas ma profession. Je suis ingé en navigation.

    Bon, donc si les pros ne donnent pas l’impression de faire mieux que les amateurs, c’est clairement que le milieu manque d’experts sérieux et reconnus.

  • kiedis

    C’est trop vrai! j’en vois partout de ces pseudo experts sur twitter! avec des articles a deux balles!
    Très bon article! :)

  • Guillermo83

    Très bon article !

    Cela me rappelle les experts en référencement qui n’apparaissent pas en première page de google sur leurs mots clés…

  • « Car ce n’est pas la première fois »

    On en regretterait presque la Haute Finance… ils étaient bien moins dangereux que les politique pour la survie du web, finalement. Trois ans après leur razzia sur le numérique, la vie reprenait… là, les dégats vont être bien plus lourds…

  • Combien de fois ai-je vécu celà dans des réunions de Business Meeting. A chaque fois j’en croise de 2 à 3 au milieu d’entrepreneurs aguéris. Je les remarque de suite à leur usage immodéré de termes anglo-saxons et leurs yeux se mettent à briller dès qu’ils prononcent « social media » avec bien entendu l’accent anglais.
    Leur expérience quasi aucune, si ce n’est un stage fait dans une franchise canadienne, aucune expérience marketing, le positionnement de l’offre, une notion inconnue de leur part, l’analyse concurrentielle, « con quoi? » me répondent-ils.
    Pas de quoi sourire.

  • TurkoizParis

    Bonjour,

    j’ai eu aussi le cas sur Twitter d’un conseil de ce type, qui m’a proposé son « aide » par DM après m’avoir suivie, avant même que je clique pour regarder ce qu’il faisait. Je regarde son site internet: charte graphique abominable, contenu sans intérêt, incitation à cliquer pour voir les prix…
    Je réponds à son DM en lui demandant si la charte graphique fait partie de la notoriété numérique, sans lui dire que j’ai consulté son site.
    Me réponds « oui, ça en fait partie », je lui ai alors proposé mon aide, ayant fait Boulle et Estienne. Tu sais quoi ? Il ne me follow plus, avant même que j’ai eu le temps de le follower

    Turkoiz

  • David

    le nombre de followers, d’amis ou en son temps d’abonnés RSS ne me parait pas être un critère pertinent de mesure d’expertise : parce que j’ai une grande expérience des jouets, alors j’aurais nécessairement une grande compétence ? je serais capable de mettre en place une stratégie « sociale » qui impliquerait toutes les couches de l’entreprise ?

    Une analyse de l’audience (followers, amis, commentateurs) me parait plus pertinente pour détecter la vraie expertise. Si l' »expert » se positionne comme un killer du 2.0 dans la boulangerie et que dans ses amis Facebook il a 600 boulangers, 200 minotiers… alors on peut déjà lui reconnaître une bonne maîtrise.

  • Cyroul, je sais bien c’est juste que c’est marrant autant de billets avec le même constat dans une période assez courte.

    Peut-être aussi le ras le bol du mailing agressif sur ces différents sujets.

    JJ a raison c’est aussi une étape dans le cycle et après une morcellisation on va certainement voir un mouvement inverse assez rapidement aussi…

  • @Vincent,
    en fait ce n’est pas la peur de se faire piquer son travail (en ce moment il y a du travail pour tout le monde, les bons comme les mauvais), c’est surtout la peur de brouiller les messages utiles et de gâcher cette révolution du marketing participatif (et social).
    Comme en 2000 où la majorité des startupers, par appât du gain, a gâché des occasions formidables de créer des sites et des services révolutionnaires. Sites et services qui réapparaissent quasiment identiques 10 ans après.

    Pour le digital, c’est la même chose. Quand la potion ne marche pas, les charlatans disent que c’est à cause de la saison, pas de leurs compétences.

  • JJ

    Quand la guerre arrive, les moments où il faut être bien attentif à sauver sa peau c’est au début et à la fin.
    On en est là du monde des expertises émergentes, ou plus globalement en ce qui nous concerne de ce qu’on appelle partout « nouvelles technos ».
    Oui c’est important de sauver sa peau et défendre sa qualité quand on est meilleur, et c’est souvent le cas face aux importeurs; même si l’on sait tous très bien qu’il y a ceux qui savent faire un truc, et ceux qui savent le vendre : parmi ces derniers les agences nouvellement « expertes » s’en sortent probablement mieux que vous et moi…

  • excellent billet, je me suis régalé, ceci etant je m’inquiète de cette expertiphobitude que nous développons actuellement.

    Une trouille de se faire piquer le boulot ?

    Une trouille que ceux qui piquent le boulot, le fasse tellement mal qu’ils pourissent la demande ?

    Un ras le bol sincère ?

    Le plaisir de la chasse aux faisans?

  • Très bon article car tu va plus loin qu’un simple coup de geule et tu donnes des pistes.

    Ceci étant je m’inquiète à posteriori du nombre de billet ces derniers temps sur cette question de l’expertise bidon et auto-proclamée car …Hé oui moi aussi j’ai écrit un billet sur B-R-ent concernant ce sujet

    Pour ma part j’ai cité des personnes et non pas la méthodo pour les identifier, une liste bien réduite à mon graphe social mais la démarche est la-même, ras le bol de voir les agences vendre ce qu’elle ne maîtrise que rarement dans la sphère du web social.

    Ceci étant ne devons-nous pas nous-même des paradoxes en prenant une position pour ainsi dire élitiste dans un web social ;-)

  • @Ceciiil Hey, c’est Cyril, pas Cédric.
    Ensuite, je n’ai jamais dit que les -300 followers étaient des loosers. Je suis passé par là moi aussi (comme tout ceux qui ont plus de 300 followers ;)

    Par contre un twitteux qui se revendique expert Twitter (ou CM de la mort, ou même spécialiste SMO) et qui a du mal à dépasser les 300 fwrs, pour moi c’est déjà un indicateur négatif.

    Et oui tu as tout à fait raison, il y a des techniques pour booster son compte twitter de façon artificielle. Mais il ne s’agissait pas là d’évaluer la qualité d’un compte twitter (un article entier n’y suffirait pas), plutôt d’essayer de détecter rapidement ces vendeurs de vent.

    J’adore ta dernière citation.

  • Salut Cédric,

    Billet rigolo et bien senti. Mais je vois tout de même quelques nuances.

    En particulier sur Twitter. Tu dis que quelqu’un qui a moins de 300 followers sur Twitter est un loser. Je ne dis pas ca parce que j’en ai 220 mais ce qui est important plus que l’aspect purement sociométrie (tel que défini par Alexander Bard – tu as oublié : la propension à faire du name dropping ronflant) c’est a) ton ratio followers / following et b) qui te suit.

    Si tu as 2000 followers et que tu suis 10,000 personnes, ca veut plus dire que tu es un utilisateur priapique et qu’une personne sur 5 a eu la gentillesse de repondre à ta demande. Si ton ratio follower/following est > 1 ca veut dire que ton c’est ton contenu qui est suivi, pas ton hyperactivité qui est récompensée.

    Par ailleurs il faut aussi voir QUI te suis. Si c’est tes copains d’université ou des sommités sur un sujet.

    Enfin il s’agit de nouvelles technos qui ont impliquent des changements d’organisation et de management. Tout cel est très neuf nous avons peu de recul. Il y a beaucoup d’enthousiasme et encore peu de recul. Que des personnes s’auto-proclament sur le sujet ne semble pas scandaleux car il n’existe pas encore de DUT Media Sociaux. Si les clients sont satisfaits du service rendu et les consultants gagnent bien leur vie je n’y vois pas d’inconvénient.

    Les gens qui vendent du vent seront de toutes facons implacablement éliminés dans ce grand système Darwinien qu’est le web.

    Voili, violà. Ceci dit ton billet est salutaire et permet de remettre les pendules à leur place comme dirait Johnny.

  • @Ludovic oui, c’est vrai que le CRM, qui est en pleine mutation (social CRM) déborde de consultants fantoches.

    Je serai moins dur avec la remarque de François Laurent (que je ne connais que par son blog, pas trop mal) car d’un point de vue uniquement « volume franco-français », Twitter représente encore une faible population.
    Seulement, il faut savoir que si vous êtes le premier en France à faire une opé réussie sur Twitter, les gens parleront de vous 10 fois plus que si vous copiez des campagnes déjà faites dans 2 ans.

    Peut-être que c’est là le danger de travailler avec des neo-consultants : se limiter à ce qui a déjà été fait par prudence, et ne pas explorer les nouvelles possibilités offertes constamment par les territoires digitaux.

  • Ludovic

    ça c’est du billet qui tape !
    malheureusement ce n’est pas uniquement le web2 à toutes les sauces qui subit la génération spontanée de gourous :(
    c’était le cas avec le CRM … une vraie marrée de consultants experts depuis au moins 10 ans sur un sujet qui venait de sortir.

    Là, j’en ai un bon de gourou web2 : François Laurent – une perle, un vainqueur, il connait TOUT du web 2, il m’a fait une démo sur un search sur TOUT le social media en décembre09 …. à ma question en fin de réunion « c’est bien de montrer Second Life, mais vous avez oubliez Twitter ?!! », le gars me répond avec l’assurance du killer : ermmmm, Twitter, euh non, ça ne génère pas assez de « messages » en France, nous serions aux USA oui, bien sûr …. bla bla …
    @très
    L

  • Ah, je me souviens de kasskooye.com … Nostalgie, quand tu nous tiens.
    « Rien n’a changé, j’ai tout revu… » pour citer Verlaine après Cabrel…

  • JJ

    Alors on est d’accord :) Je pense effectivement que dans tout ce fratras, un bon consultant / une bonne agence doit savoir se positionner sur des segments de niche et le faire valoir par sa propre e-reputation : c’est à dire une réputation de niche.
    Entre être visible et être remarquable, c’est un détail de taille.

  • @JJ tu as raison, c’était un raccourcis facile. Néanmoins être un professionnel de l’e-reputation n’est pas équivalent à être un professionnel du SEO. Après, il faut savoir aussi mesurer la réputation positive.
    Mais bon, ce sera pour un autre article.

  • JJ

    Le fait d’avoir plus de 1000 followers ou des milliers de pages d’occurrence gougoule serait donc gage d’authenticité ?
    J’adhère au rappel salvateur de la plupart des affirmations de ce billet, mais certains raccourcis laissent sceptiques toutefois… Personnellement je préfère qu’un client teste mon authenticité avec une combinaison de mot qui collent à mon job mon nom, plutôt que se fier bêtement au nombre de résultat via mon simple patronyme.
    Dans le premier cas, je n’ai aucune crainte. Dans le second, je me dis qu’effectivement il a besoin d’un peu de conseil pour se mettre à jour dans sa technique !

  • cobolian

    Tellement vrai !

    Ou quand le power point et le costard à 10 000 comptent plus que les compétences et les résultats.

  • @Cédric : je ne t’avais pas lu. Bel article effectivement.

    Par contre, je serais moins optimiste quand à la durée de vie de certains experts auto-proclamés. Ils dégoutent des annonceurs, mais ils savent peut-être mieux que nous « chasser » du client. Et le jour où effectivement, la crise du « social media » ou de la e-pub arrivera, ce seront les premiers à aller chercher du travail chez l’annonceur en continuant à se proclamer expert du digital.

    Pourquoi croyez-vous que les sites corporate et e-commerce ai mis autant de temps à être accessibles, utilisables si ce n’est utiles ? Parce qu’ils ont été commandés par des chefs de produit qui se disaient experts-web.

    @Camille A : J’ai un article en préparation sur le paradoxe de l’expertise numérique. Comment être un expert de quelque chose qui change constamment ? Le web est une zone constituée de territoires mouvant et de publics fragmentés. Comment arriver à le cartographier définitivement ? Cela est impossible. D’où peut-être le besoin de nouveaux métiers comme le digital planner.

    Et pourquoi pas pour l’itw ? Ca ne peut que continuer à gonfler mon ego sur dimensionné ;)

  • Totalement d’accord avec vos deux, Cyril et Cédric. Surtout quand le client n’y comprend rien (et c’est de plus en plus le cas) et veut faire parce que son concurrent fait sans y mettre les moyens.

  • Visiblement le sujet est très en vogue, j’ai également commencé la rédaction d’un article sur la même thématique ;)

    Il y a quelques années de nombreuses personnes s’auto-proclamaient « Webmaster » (au sens large du terme) en ne connaissant rien ou presque du métier, tout juste savaient-elles vaguement utiliser FrontPage.

    Aujourd’hui c’est un peu la même chose, mais avec les « experts ».

    Ces personnes ne m’inquiètent pas trop, leur durée de vie est très limitée sur la toile… Par contre ils nuisent à la profession / au métiers du web.

  • Bon article, sur une question récurrente : les médias sociaux, tout le monde en parle, mais qui s’en sert vraiment ?!

    Après je penses qu’il y a certaines choses à plus fouiller :

    – de nombreuses agences proposent effectivement du Facebook/Twitter à toutes les sauces, emploies le terme « influence » pour donner l’impression de réaliser quelque chose de puissant, etc. Néanmoins, n’est-ce pas tout simplement répondre aux attentes du marché ?! Et soyons réalistes, lorsque (personnellement) je dis à un client « vous avez mauvaise (e)réputation?! et bien vendez des produits fiables » ils me rient au nez (du coup j’essaye d’y aller plus finement :-)

    – Faut-il avoir lancé une campagne pour comprendre des mécanismes et des usages ?! oui c’est mieux, mais bon que faire des chercheurs/scientifiques qui théorisent la chose ?! ce sont de faux « experts » car ils n’ont pas mis les main dans le cambouis ?!

    – enfin « l’expertise 2.0 » est (à l’heure actuelle) basée sur le même principe que le web en générale : sur-médiatisation = positionnement avantageux aux yeux des « néophytes » (et des annonceurs). En bref, plus je cris fort, plus je suis bien positionné, plus je passe pour un spécialiste… Mais à l’heure actuelle, la majorité des annonceurs n’ayant que pour mot d’ordre la visibilité à tout prix (vidéos, profils Facebook, référencement, etc.) n’est-il pas logique qu’ils se tournent vers des spécialistes de la sur-exposition ?!

    Et c’est un classique dans tout les métiers : passionnés VS businessman. L’intelligence économique étant (au delà de mon coeur de métier) une vraie passion, lorsque je vois de nombreux bloggeurs parler d’influence ou encore de veille sans même en comprendre les origines et les abooutissant, je m’énerve parfois ! Mais au final, s’ils gagnent leur vie avec ces approches c’est qu’au fond ils répondent à un besoin et qu’ils ont su se positionner avantageusement ;-)

    (Au passage j’écris actuellement un papier sur la notion d’expertise 2.0 pour un magazine scientifique, pourrais-je vous interviewer par mail si besoins est ?!)

    Merci !

  • bon article de fond et quand voit l’évolution du web, le mec qui est expert il ne le reste pas très longtemps ou presque ;-)

  • Ca recoupe totalement avec un article que j’avais écrit il y a quelques semaines sur cette pseudo expertise autoproclamée de certains :

  • Ah, les experts et les médias sociaux… ;-)
    (une petite vidéo pour rire un peu, une présentation de Tara Hunt pour retomber les pieds sur terre)

  • Ah, les experts, et les médias sociaux… ;-)
    (un petit film pour rire un peu, une présentation pour retomber sur terre).