2 visions du marketing digital = 2 types d’annonceurs ?

Aujourd’hui j’ai décidé de sécher le travail pour aller me faire une session de « renouvellement de connaissances et d’inspiration ».
Vous savez, ces journées où vous multipliez les conférences de professionnels qui vous parlent de leur beau métier et où vous écoutez, notant scrupuleusement ce qui vous semble novateur (whaaa, ça c’est bon, il faut que je le réutilise dans mes recos !) et vous moquant silencieusement du reste (trop nul, j’ai déjà fait ça il y a 3 ans!).

Du subtil…

J’ai donc commencé ma journée à la Sorbonne où j’avais été invité par l’association Sorbonne Communication à suivre un petit-déjeuner débat sur la rumeur sur Internet qui se prêtait totalement à l’atmosphère studieuse des magnifiques bâtiments de la Sorbonne (je vous conseille la superbe Salle des Autorités).
Les invités étaient prestigieux et avaient l’avantage de venir d’horizon différentes avec un professionnel du buzz (Grégory Pouy de Vanksen), des annonceurs (Laurent Foisset de 118218 et Bernard Fauve de Lagardère Publicité), une agence de pub (Alain Roussel pour LaChose) et un professeur/consultant plus théoricien (Bertrand Simon), le tout animé par le très bon journaliste de Stratégies (Alexandre Deboute).

Le débat fut en lui-même très intéressant (ce qui n’est pas toujours le cas dans un débat), mais ce qui m’a le plus frappé, fut le consensus autour de cette phrase de Bernbach : « Faire une bonne pub sur un mauvais déclin accélère son déclin » (je ne sais pas si Bill a vraiment dit ça, mais il a dit tellement de trucs que pourquoi pas).

Car effectivement, le buzz n’est pas pour tous les annonceurs ou tous les clients. Et vous augmentez considérablement les risques de bad buzz si votre produit ou service n’est pas le meilleur. La rumeur, c’est jouer avec les émotions des gens, et ils pourront vous en vouloir si vous n’êtes pas irréprochables.

En bref, la rumeur sur Internet est un outil marketing subtil à manier avec précaution et réservé à des marques et des agences averties.

Et du bourrin…

C’est sur ces douces paroles que je partis vers mon rendez-vous suivants. Il s’agissait du Remix08 de Microsoft. Un évènement avec de très gros moyens, relayé en masse, dont l’objectif, presque avoué, est d’associer définitivement les produits et services Microsoft aux avancées du web.

L’atmosphère était bien différente. Une ambiance dynamique « on va tout péter » (surtout les budgets web), le tout dans le cadre moderne et luxe de l’Espace Pierre Cardin, à Paris, du côté de la Concorde.

Quelques conférences plus tard vous pouviez affirmer qu’avec beaucoup (beaucoup) d’argent et un peu de temps, vous étiez capable de vendre ce que vous vouliez à n’importe qui sur Internet grâce à de la vidéo haut débit, à du son en 3D, et à de l’interactivité ludique, mais surtout grâce aux technos Microsoft (Silverlight notamment). Pour en savoir plus : le Compte-rendu du ReMIX08 à Paris de Fred Cavazza.

2 visions e-marketing pour 2 types d’annonceurs ?

Je suis retourné chez moi hanté par les deux perceptions quasi contraires du marketing digital que j’avais pu observer durant cette journée.

  • D’un côté le big e-show : une approche en force, en volume, très show –oriented. Une continuation logique du marketing d’interruption où la puissance d’une campagne de publicité dépend de la force avec laquelle elle est assénée.
  • De l’autre la rumeur sur Internet : une approche marketing subtile, délicate, humaine, basée sur les relations entre personnes, sur les liens sociaux. Une approche reflétant le renouveau du marketing conversationnel où le consommateur devient consom’acteur.

Deux visions du même métier. L’une difficile et complexe mais authentique, l’autre simple et basique mais artificielle ? Mais cette vision ne correspondrait-elle pas finalement à deux types d’annonceurs ?

Je pose la question…